Le rouble subit de plein fouet les craintes pesant sur l’activité russe
La baisse du prix des matières premières fait plonger le rouble de 10 % contre dollar en un mois, et jette un voile sur la croissance et l'équilibre budgétaire du pays
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Patrick Aussannaire
Le rouble poursuit sa chute. La monnaie russe s’est dépréciée hier pour la troisième séance consécutive de 0,7% contre dollar à 31,926 et de 0,6% contre euro à 43,4734 et de 0,6% à 37,0509 contre un panier de devises. Le rouble a ainsi dévissé de près de 10% en un mois contre dollar et de 4% contre euro. L’intervention lundi de la banque centrale sur le marché des changes à hauteur de 6 milliards de dollars, dont 2,36 milliards sur la seule journée de lundi, pour ramener la parité dans sa fourchette de 32,50 à 37,50 roubles contre un panier de devises, ainsi que les appels au calme de son président, Sergei Ignatyev, sont restés lettre morte.
Les fuites de capitaux nettes ont atteint plus de 30 milliards de dollars au premier semestre. Selon les estimations d’ING, elles pourraient s’accélérer à un rythme de 25 à 30 milliards pour le seul quatrième trimestre, accentuant la pression à la baisse sur le rouble.
Et le sacrifice du ministre des Finances, Alexeï Koudrine, considéré par les marchés comme le plus crédible à mener les réformes structurelles du pays, pour préparer le retour annoncé de Vladimir Poutine aux commandes, n’est pas le seul paramètre à avoir précipité la chute de la devise. Le FMI a alerté sur la hausse des dépenses publiques qui rend l’économie vulnérable à une chute des prix du pétrole. Celui-ci représente avec le gaz les deux tiers des exportations du pays. Le prix de l’Urals, référence du pétrole à l’exportation, a plongé de 14% à 104,85 dollars par baril depuis ses plus hauts d’avril dernier, jetant un voile sur les perspectives de croissance de l’économie russe ainsi que sur le rééquilibrage des finances publiques.
Les prix de l’Urals retenus dans le budget fédéral se situent à 100 dollars le baril pour 2012, à 97 dollars pour 2013 et à 101 dollars pour 2014. Alexeï Koudrine, a alerté qu’en cas de chute des cours du pétrole à 60 dollars le baril, il faudrait réviser le budget fédéral en 2012. «Nous savons que cela porterait notre croissance économique à zéro, voire en dessous de zéro, mais, en principe, notre budget serait en mesure de faire face à un prix aussi bas pendant un an». Dans ce contexte, la volonté affichée par le président Dmitri Medvedev de dépenser plus de 20.000 milliards de roubles d’ici 2020 (477 milliards d’euros) pour moderniser les armées n’est pas de nature à calmer les inquiétudes des investisseurs.
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