KraneShares lance un ETF ciblant l’optique

KraneShares mise sur la rupture du « mur de la mémoire » en lançant un ETF mêlant valeurs cotées et privées pour capter l’essor des réseaux optiques cruciaux à l’IA.
fibres optiques et circuits imprimés
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KraneShares, fournisseur d’ETF spécialisé dans les stratégies technologiques émergentes, a annoncé le lancement du KraneShares Photonic and Optical ETF (ticker : LUMA), coté au NYSE. Les frais de gestion sont de 0,99%.

Le fonds vise à offrir une exposition aux entreprises publiques et privées qui construisent les briques technologiques de la transmission optique de données, interconnexions, émetteurs-récepteurs, câbles à fibre optique, jugées indispensables à l'économie numérique portée par l’intelligence artificielle.

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Pour intégrer le portefeuille, les sociétés doivent tirer au moins 50 % de leur chiffre d’affaires annuel ou de leur bénéfice brut de ces activités. L’ETF prévoit d’allouer environ 10 % de ses actifs nets à des titres non cotés, via des participations directes ou des véhicules dédiés, pouvant inclure des sociétés pré-IPO ou en phase de développement précoce.

Le fonds est géré activement, combinant sélection de valeurs sur les marchés publics et privés.

Un goulet d'étranglement identifié depuis plusieurs années

L’argument central de KraneShares s’appuie sur un constat déjà documenté par la recherche académique : la puissance de calcul disponible a été multipliée par environ 60.000 en vingt ans, tandis que la capacité à faire transiter les données entre puces et systèmes n’a progressé que d’un facteur 30 sur la même période, selon les travaux d’Amir Gholami et de ses coauteurs publiés dans IEEE Micro en 2024.

Ce décalage, qualifié de « mur de la mémoire », traduit une situation où le calcul brut cesse d'être le principal facteur limitant des systèmes d’IA, au profit de la circulation de l’information elle-même.

Les perspectives des infrastructures réseau IA

C’est sur ce terrain que Goldman Sachs a publié en avril 2026 un rapport intitulé « Optical Networking: the next mega trend in AI infrastructure ». La banque y défend l’idée que la mise en réseau, davantage que la puissance de calcul brute, constitue désormais le prochain grand cycle d’investissement de l’infrastructure IA.

Sur cette base, Goldman Sachs projette une multiplication par environ neuf du marché adressable du réseau optique d’ici 2028, qui passerait d’environ 15 milliards de dollars en 2026 à près de 154 milliards de dollars. Les optiques co-packagées (CPO) représenteraient à elles seules près de 91 milliards de dollars, soit environ 59 % de ce marché.

En effet, si les datacenters traditionnels privilégient encore la communication sur cuivre pour des raisons de coût, les limites en matière d’efficacité énergétique et de vitesse de transmission apparaissent désormais clairement face à l’explosion des volumes de données dans les infrastructures dédiées à l’IA.

Ainsi, la technologie CPO (Co-Packaged Optics), qui consiste à intégrer des puces d’accélération d’IA et modules de communication optique sur un même substrat, s’impose comme la réponse à cette contrainte, en réduisant significativement latence et consommation énergétique.

Le marché se structure déjà autour de ce thème

Ces perspectives ont déjà des traductions concrètes côté industriel et financier. Nvidia a annoncé début mars 2026 un investissement stratégique de 2 milliards de dollars dans Lumentum, l’un des principaux fournisseurs de composants optiques pour centres de données, afin d'étendre ses capacités de production et renforcer la fabrication aux États-Unis.

Le groupe travaille également avec Coherent, désigné collaborateur pour la photonique sur silicium de sa plateforme réseau Spectrum-X et fournisseur majeur de lasers à onde continue. Coherent revendique environ un quart du marché des émetteurs-récepteurs optiques.

Du côté de la fonderie, GlobalFoundries a lancé en mai 2026 SCALE, une solution d’optiques co-packagées conforme aux spécifications de l’accord multi-sources OCI pour les architectures d’IA à mise à l'échelle verticale, tandis que Tower Semiconductor a annoncé début février 2026 une collaboration avec Nvidia autour de modules optiques 1,6 To destinés aux centres de données.

Broadcom, de son côté, a fixé une feuille de route technique pour les optiques co-packagées, avec un objectif d’efficacité énergétique inférieur à 10 picojoules par bit d’ici 2028.

Côté demande, les cinq plus grands groupes technologiques américains, Amazon, Google, Microsoft, Meta et Oracle, se seraient engagés collectivement sur une fourchette de 660 à 690 milliards de dollars de dépenses d’infrastructure de centres de données en 2026, contre environ la moitié un an plus tôt, une part croissante de cette enveloppe étant consacrée aux transceivers optiques et composants photoniques.

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