Le risque européen revient dans le radar des investisseurs
Cinq ans après, le risque européen fait son grand retour dans le radar des investisseurs. Le Brexit vaut bien le risque grec, portugais et espagnol réunis.
Les réactions de marché vendredi donnent une idée de leur changement d’humeur.
Pour eux, l’Europe redevient cette région aux institutions inachevées, aux solidarités fragiles, à l’avenir nébuleux, aux dirigeants déconsidérés, aux démagogues triomphants.
Entre appels à de nouveaux référendums et élections acrobatiques déjà programmées, qui vont rythmer la vie publique comme autant de coups de gong du destin, comme en Espagne encore ce dimanche, le paysage géopolitique s’obscurcit de jour en jour.
La pression des migrants et l’hostilité à l’Union de voisins comme la Russie ne feront qu’ajouter du brouillard à une scène qui en est déjà noyée.
Nourrie par les effets funestes du Brexit sur la croissance, une réappréciation à la hausse du risque souverain est inévitable.
En témoigne déjà l’écartement des rendements entre obligations souveraines en Europe.
Seule l’action de la BCE, qui pilote les cours obligataires sur le vieux continent, limite les dégâts.
Mais cela ne doit pas tromper sur la tension qui y monte.
Quant au risque bancaire, déjà incandescent vendredi, il va redevenir une constante très dommageable à l’économie comme aux établissements concernés.
C’est dire si la responsabilité des Etats et des institutions de l’Union est immense.
Par la posture qu’ils adopteront vis-à-vis de Londres, il leur faudra préserver les intérêts de leurs concitoyens en sauvegardant la cohésion du continent au-delà de ses structures politiques.
Car il y a tellement plus en jeu que l’économie derrière cette quête de la quadrature du cercle européen!
Plus d'articles du même thème
-
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide -
« Guerre de l’IA » : la France dira-t-elle merci aux Etats-Unis ?
C'est le miracle du week-end. En coupant l'accès aux puissants modèles d'Anthropic, Donald Trump a mis tous les candidats à la présidentielle d'accord : la souveraineté numérique est essentielle.