Le risque d’instabilité politique en Italie ne compromet pas encore l’austérité budgétaire
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a obtenu hier les votes de confiance du Sénat et de la Chambre des députés. S’il a remporté une victoire confortable auprès des sénateurs avec 162 voix contre 135, le gouvernement a évité par seulement trois voix (314 votes contre 311) la motion de censure déposée par l’opposition. Aux yeux d’UniCredit, «cela indique que la coalition au pouvoir a perdu son emprise et s’est significativement affaiblie ces derniers mois». D’après Barclays Capital, «l’instabilité politique va probablement perdurer en Italie», et le Premier ministre «continuera à souffrir ne de pas avoir une majorité stable à la Chambre basse».
Même si le résultat final est celui du vote de confiance - qui réduit l’incertitude à très court terme - le risque de se trouver confronté à une impasse politique n’a certainement pas été réduit. UniCredit estime qu’une prolongation de l’instabilité serait une mauvaise nouvelle, car elle empêcherait le gouvernement, quel qu’il soit, de faire avancer l’agenda des réformes structurelles dont l’Italie a besoin pour accroître son faible potentiel de croissance.
Les mesures d’austérité italiennes portent sur un montant de 25 milliards d’euros. UniCredit ne croit pas que l’austérité budgétaire soit mise en danger. Giulio Tremonti devrait rester en charge des décisions budgétaires. D’ailleurs, Barclays rappelle que «la loi budgétaire, qui comprend les dépenses structurelles prévues ces trois prochaines années et qui maintient l’Italie sur la voie de la consolidation budgétaire entreprise il y a deux ans, a été votée». La banque voit le déficit italien de 5% du PIB en 2010 et de 4,2% en 2012, avec une dette publique pesant 122 % du PIB en 2013.
Tandis que l’Italie table sur croissance de 1% en 2010, Tullett Prebon note que le pays «devra refinancer un total de plus de 300 milliards d’euros de dette en 2011» et ne peut donc pas supporter une hausse importante des spreads. Mais les résultats politiques ont eu peu d’impact sur les taux à 10 ans italiens, qui se sont tendus de 2 pb à 4,59%. Leur écart avec le Bund s’est même resserré de 3 pb à 156 pb. «Le pays semble demeurer sur un équilibre qui permet d’éviter le scénario grec ou irlandais», tempère le courtier crédit.
Plus d'articles du même thème
-
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide