Le risque de nouvelles dégradations de notes menace les banques
Standard & Poor’s s’apprête à mettre en place sa nouvelle méthode pour le secteur bancaire, qui laisse craindre 20 % de déclassements
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Violaine Le Gall
La situation de la zone euro ne sera pas la raison des prochains changements de notes de Standard & Poor’s dans le secteur bancaire. C’est la mise en place d’une nouvelle méthode qui aura des conséquences sur la notation des établissements d’ici quelques semaines. L’agence de notation a longuement préparé les marchés à ces modifications. Elle a communiqué sur ses projets en mars 2010. Puis elle a fait un appel à commentaires sur ses travaux en janvier 2011. Enfin, en début de mois, Standard & Poor’s a commencé à publier sa nouvelle méthode et a annoncé l’impact global des changements sur les notes des établissements du secteur. Ainsi, 60% des notes resteront inchangées, 20% seront relevées d’un cran, 15% seront abaissées d’un cran et moins de 5% seront dégradées d’au moins deux crans, a indiqué S&P début novembre.
Dans trois semaines, l’agence commencera par présenter les nouvelles notes des trente premières banques mondiales en termes de capitaux tier one. Puis elle enchaînera sur des mises à jour plus régionales. S&P suit au total 750 établissements bancaires dans le monde.
Avec sa nouvelle méthode, l’agence entend rendre ses notes «plus transparentes» et les possibles changements «plus prévisibles» pour les marchés de crédit. Elle compte intégrer dans ses critères ce qu’elle a appris de la façon dont les banques ont réagi aux conditions difficiles pour leur secteur et pour l'économie, de la crise financière de 2007-2009 à l’actuelle crise de la dette souveraine européenne.
Côté américain, Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley pourraient être dégradées, d’après Baylor Lancaster, analyste du bureau d'études CreditSights, cité par Reuters.
Compte tenu des efforts de communication avant l’application de la nouvelle méthode, les annonces à venir de S&P sur d'éventuels changements de notes ne devraient pas provoquer de remous sur le marché, du moins théoriquement. Toutefois, le stress actuel sur le secteur bancaire qui rend les marchés nerveux, pourrait les faire surréagir à d'éventuelles dégradations. L’indice iTraxx sur la dette senior financière en euros a grimpé de 85 points de base (pb) depuis fin octobre, à 312 pb, tout proche du pic de septembre dernier, de 314 pb.
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