Le risque de dégradation des notations de crédit va s’intensifier
Mars a été le mois de tous les records en matière de détérioration de la qualité de crédit. Au cours de cette période, S&P a rétrogradé 17 émetteurs notés « investissement » en catégorie spéculative. Un record depuis les 19 émetteurs déclassés en décembre 1997 en pleine crise asiatique. Ce nouveau chiffre pulvérise la moyenne mensuelle des six « anges déchus » sur les douze derniers mois.
Alors que le poids des dégradations, dans les actions de notation, représente 93 % au premier trimestre, contre 91% au dernier trimestre 2008, l’agence a comptabilisé 34 émetteurs dans ce cas depuis janvier représentant une dette totale de 85 milliards d’euros. Le secteur financier est le plus représenté, avec 10 émetteurs, dont l’assureur AIG. Le marché européen a été marqué par les dégradations de « BBB- » à « BB » de Fortis, et de « BBB- » à « BB+ » de Fiat et Gazprom.
Mais le bilan pourrait bien s’alourdir. Alors que les sociétés de la catégorie « BBB », devront refinancer en 2009 près de 115,4 milliards d’euros, selon S&P, 69 émetteurs notés « BBB- » sont exposés au risque de dégradation. Les secteurs les plus concernés sont essentiellement les plus cycliques, comme la construction, la distribution et surtout les groupes automobiles. Peugeot et Renault notés « BBB- » et dont la dette atteint à eux deux 20 milliards d’euros sont d’ailleurs dans la ligne de mire des agences. Pour autant, selon Morgan Stanley, ces crédits cycliques à fort risque de notation ne représenteraient que 6 % de la dette « BBB », suggérant ainsi une débâcle limitée.
La dette hybride est également sous pression. En dépit du rallye qu’a connu le marché du tier one depuis mars, Morgan Stanley précise que le rendement à maturité se tient toujours dans une fourchette de 10 % à 15 % pour les meilleures signatures du secteur, soit un niveau comparable à des émetteurs industriels notés « BB ». « Le bilan des banques devrait à terme se simplifier et se réduire : elles devraient se financer par des actions ordinaires et de la dette senior, ne laissant plus la place aux titres subordonnés dont le rallye devrait s’essouffler à terme. Nous voyons cette classe d’actif représenter d’ici à la fin de l’année 50 % des indices high yield», a estimé Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit d’Edmond de Rothschild Financial Services lors d’une conférence la semaine dernière.
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