Le risque de crédit souverain des banques européennes a augmenté de 300 milliards d’euros
Des mesures de finances publiques et un redressement des bilans doivent briser le lien entre risques souverains et banques, estime le FMI
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Antoine Duroyon
Turbulences sur les marchés issues de la périphérie de la zone euro, dégradation du profil de crédit des Etats-Unis et signes de ralentissement économique, les facteurs de risques planant sur le système financier international se multiplient. Dans ce contexte tumultueux, les établissements bancaires, notamment européens, sèment le doute sur leurs capacités à braver la tempête.
Dans son dernier rapport sur la stabilité financière dans le monde, le Fonds monétaire international (FMI) chiffre à 300 milliards d’euros depuis 2010 l’augmentation du risque de crédit souverain des banques de la zone euro. «Lorsque l’on tient compte des engagements interbancaires dans ces mêmes pays, l’ampleur des contagions s’accroît d’environ de moitié», précise le Fonds. Cette estimation n'équivaut toutefois pas aux besoins en fonds propres, pour lesquels il faudrait une évaluation complète des bilans et revenus.
Le FMI rappelle que la croissance du crédit se retrouve au cœur de l’accumulation des risques systémiques. Pour l'évaluer, il propose de se pencher sur la variation du ratio crédit/PIB. «A partir d’un échantillon de 36 pays, notre modèle signale que lorsque ce ratio augmente de plus de 5 points par an et qu’il va de pair avec un accroissement des cours des actions d’au moins 15%, la probabilité d’une crise financière dans les deux années suivantes est de 20%», met en garde le rapport.
Pour tenter de résorber les vulnérabilités, le FMI plaide pour un renforcement de la solidité des banques. «Le volume de capitaux additionnels qui serait requis dépendrait aussi, en partie, de la crédibilité des politiques macroéconomiques engagées pour corriger les causes des risques souverains», estime l’institution de Washington.
«Tous les besoins en fonds propres devront être couverts par des sources privées dans la mesure du possible, mais dans certains cas des injections de fonds publics pourraient être nécessaires et appropriées pour des banques viables», poursuit le Fonds. Le Conseil européen du risque systémique campe sur une ligne similaire. Dans un communiqué, il a enjoint hier aux régulateurs de «coordonner les efforts de renforcement des fonds propres bancaires, y compris en ayant recours à des facilités de soutien, et en prenant en compte la nécessité d’une valorisation transparente et cohérente des expositions souveraines».
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