Le risque de contrepartie inquiète toujours sur le marché interbancaire
La Banque centrale européenne fait tout son possible pour fournir au marché interbancaire les liquidités dont il a besoin. Le 26 octobre dernier, elle a relancé les opérations de refinancement à un an. Et elle renouvellera l’exercice en décembre avec une opération sur treize mois qui permettra aux banques d’anticiper sur la gestion de deux passages de fin d’année, toujours délicats en matière de gestion des liquidités. La baisse de taux de 25 points de base, annoncée début novembre, allège en outre le coût d’emprunt pour les opérations de refinancement en cours et à venir. Dans ce contexte, l’Eonia devrait rester à un niveau relativement bas. Il ressortait à 0,769% jeudi dernier. Et l’Euribor à trois mois, à 1,46%, a retrouvé son plus bas niveau depuis juin dernier.
Malgré cela, le stress bancaire reste perceptible sur le marché interbancaire. L'écart entre l’Euribor 3 mois et le swap indexé sur le taux à un jour (OIS), qui reflète les tensions dans le marché à l'égard du risque de contrepartie, a approché 100 pb début novembre, un niveau record, contre 20 pb fin juin. Par ailleurs, il existe un risque de tension sur l’Eonia si une détérioration de la zone euro alimente la pression sur les banques, estiment les spécialistes de Barclays Capital. Ce taux, reflet du coût de la liquidité au jour le jour, est très sensible à la perception du risque de crédit entre les banques. La demande des établissements italiens et français au guichet de la BCE a déjà fortement augmenté entre mi-septembre et mi-octobre. Elle pourrait encore augmenter pour les banques italiennes si les marchés obligataires ne se réouvrent pas, a prévenu la Banque d’Italie dans son rapport de stabilité financière de début novembre.
Sur le financement en dollar, les opérations mises en place par les grandes banques centrales ont rassuré les banques. Mais la demande y est peu élevée compte tenu de la marge initiale que la BCE leur demande. Jeudi dernier, quatre d’entre elles ont demandé un montant total de 395 millions de dollars à trois mois et un établissement a emprunté 500 millions de dollars à une semaine. Des tensions continuent aussi de s’exercer sur ce marché. L'écart entre le Libor à trois mois et l’OIS en dollar a atteint un niveau proche de celui de l'été 2010, mais il reste dix fois inférieur au niveau atteint fin 2008.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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