Le retrait de la Banque centrale malaisienne fait souffrir le marché des sukuks
L’émission de sukuk, l’équivalent des obligations dans la finance islamique, devrait chuter de 40% à 50% cette année par rapport à l’année dernière selon une étude de Standard & Poor’s publiée le 7 juillet. Ce coup de frein s’explique par la décision de la Banque centrale de Malaisie, le plus important émetteur de ce type de produits dans le monde, d’arrêter de proposer des sukuks. La Banque centrale a préféré émettre d’autres types de titres dont l’achat est strictement réservé aux banques, et plus particulièrement aux banques islamiques du pays, afin de leur fournir des actifs liquides, alors que la plupart des sukuks provenant de l’institution avaient tendance à être souscrits par un large éventail d’investisseurs.
Hormis cet important acteur du marché, au premier semestre 2015, le reste des émetteurs ont émis 90% de la valeur qu’ils avaient écoulée sur le marché l’année dernière à la même époque. La baisse du prix du pétrole a pour le moment très peu joué sur le marché des obligations, les pays du Golfe ayant pour le moment payé leurs investissements en piochant dans leurs réserves de capitaux plutôt qu’en émettant de la dette. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année selon l’agence de notation mais 2016 devrait voir une plus importante émission de dettes provenant de ces Etats si le pétrole reste aussi bon marché. Hier soir, l’Arabie saoudite a annoncé vouloir accroître ses émissions obligataires.
L’étude soulève l’absence de nouveaux contributeurs sur le marché pour le premier semestre de l’année alors que de nombreux pays, notamment en Asie et en Afrique, s’étaient dits intéressés par l'émission de sukuks.
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