Le retour des émetteurs brésiliens sur le marché en dollars se complique
Le retour des émetteurs brésiliens vers la dette en dollars a fait long feu. Début juin, Petrobras avait voulu marquer le coup en émettant 2,5 milliards de dollars d’obligations à 100 ans. Une maturité d’exception pour une transaction symbolique: le scandale de corruption ayant frappé le géant pétrolier avait exclu entre novembre 2014 et mi-mai 2015 les entreprises brésiliennes du marché des financements obligataires en billet vert. Mais la baisse des prix du pétrole et la dégradation rapide de la situation économique du Brésil, sanctionnée la semaine dernière par une dégradation de la note du pays en catégorie spéculative chez S&P, ont entraîné l’obligation Petrobras vers les tréfonds.
Hier, le titre traitait à environ 70% du pair, selon Bloomberg. Pourtant Petrobras s’était donné les moyens de réussir son placement en juin en vendant ses obligations à seulement 81,07% du pair, soit à un rendement de 8,45%. Alléchés par cette rémunération, deux fois supérieure à celle qu’offrait le Mexique sur sa dette à 100 ans en euros, de grands noms comme Pimco, Fidelity et Capital Group avaient acheté le papier. Depuis, dans la foulée de la dégradation du Brésil, Petrobras est tombé en junk chez S&P, catégorie qu’il occupe déjà chez Moody’s. La compagnie, qui a annoncé hier le départ de son président Murilo Ferreira, pourrait à nouveau réduire ses investissements, selon Reuters.
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