Le retour de l’appétit pour le risque profite aux dérivés actions cotés
Malgré la crise de la dette souveraine, l’appétit pour le risque en zone euro se porte bien. En témoigne la dynamique baissière entamée il y a deux ans de l’indice phare de volatilité de l’indice S&P 500, le VIX. Ce dernier, qui a touché un pic de 80,9% le 20 novembre 2008, a flirté avec les 46% en mai 2010 au pire de la crise grecque. Depuis, il ne cesse de baisser et se traite à 17,8% en dépit de l’Irlande. D’après SG CIB, la certitude que la Fed et la BCE apporteront au bout du compte de la liquidité en grande quantité maintient la volatilité, mesurée par le VIX, clairement à un niveau bas.
L’activité, elle, s’est redressée depuis la chute de Lehman. Le volume de contrats échangés sur les options d’achat (call) sur le VIX, a atteint en octobre 2010 les 3,6 millions de contrats, contre 2,1 millions en octobre 2009 et 1,9 million en octobre 2008. Cette nouvelle liquidité s’explique notamment par des stratégies de couverture du risque extrême sur l’indice VIX mises en place par les investisseurs.
«Le retour de l’appétit pour le risque a un effet bénéfique sur la liquidité du marché des options cotées, qui se normalise, explique à L’Agefi Stéphane Mattatia, responsable de l’ingénierie sur produits de flux actions chez SG CIB. Deux tendances se dessinent: tout d’abord un élargissement de la typologie des acteurs, certains fonds de pension n’hésitant désormais plus à saisir des opportunités jusque-là réservées aux hedge funds, ensuite la mise en œuvre, en parallèle, de stratégies de couvertures innovantes visant à se protéger contre les risques extrêmes». Les leçons de la crise ont donc été tirées, puisque la recherche de la performance est désormais nuancée par des stratégies de protection.
Les fonds de pension profitent par exemple des écarts de valorisation via des stratégies de «dispersion» sur les principaux indices (S&P 500, CAC40, Eurostoxx50...). «Dans les contextes de nervosité, la volatilité d’un indice a tendance à augmenter davantage que la volatilité des actions le composant. Les investisseurs achètent donc la volatilité des actions et vendent celle de l’indice, profitant ainsi du retour des prix à la moyenne», explique Vincent Cassot, responsable stratégie dérivés actions chez SG CIB.
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