Le retour de l’appétit pour le risque est positif pour la livre
L’Agefi : l’effondrement du dollar face à l’euro va-t-il se poursuivre ces SIX prochains mois ?
Laurence Boone : Plus les perspectives de sortie de crise s’affirmeront, et plus le dollar risque d’être sous pression : les Etats-Unis seront toujours très endettés (la hausse de l’endettement public faisant pendant au désendettement privé) et devront émettre des quantités importantes d’obligations souveraines, alors même que les stratégies de sortie de crise n’apparaissent pas très claires. Pour compenser, les investisseurs vont demander des primes de risque plus élevées. Comme on ne sait pas exactement à quel point la Fed fera des rachats en vue de maintenir des taux bas, mais pas trop bas non plus pour ne pas décourager les investisseurs, la volatilité observée récemment sur l’euro/dollar risque de continuer au cours des prochains mois.
Comment expliquez-vous le reflux actuel de l’euro/livre sur les niveaux atteint fin 2008 malgré la récession marquée outre-Manche ?
La raison principale à l’origine de ce réajustement tient en partie à la réévaluation faite par les marchés du risque anglais comparé au risque américain ou européen. L’annonce de S&P a été en partie le détonateur en invitant le marché à cette comparaison. Du point de vue monétaire, les conditions anglaises ressemblent beaucoup aux Etats-Unis. La dégradation des finances publiques est plus rapide qu’en Europe, mais ramène la dette britannique à un niveau comparable à celui de la zone euro et des Etats-Unis : peu de changement est attendu avant les élections qui devraient avoir lieu dans l’année. Au final, le Royaume-Uni ne sera pas, tant que cela, le mauvais élève de l’OCDE. Enfin, le retour de l’appétit pour le risque contribue à soutenir le marché actions, ce qui est positif pour la livre.
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