Le renouveau du repo en Europe traduit un regain de confiance des banques
Les banques européennes auraient prudemment retrouvé le goût du risque. C’est ce que laisse à penser l’enquête publiée hier par l’ICMA (Association internationale des marchés de capitaux) concernant un marché de la pension livrée sur le Vieux Continent «en possible voie de normalisation».
Le sondage semestriel réalisé par l’association professionnelle auprès de 65 institutions relève que le volume des contrats ouverts dans leurs comptes au 12 juin s’élevait à 6.076 milliards d’euros, en progression de 8,6% par rapport à décembre 2012. Alors qu’il a atteint un plus haut historique selon l’ICMA en juin 2010 à 6.979 milliards, le marché du repo (repurchase agreement) a subi ces dernières années des turbulences du fait d’une crise de la dette souveraine ayant affecté la confiance entre les banques.
Dans ce contexte incertain, les banques ont certes bénéficié des injections de liquidités à trois ans (LTRO, long term refinancing operations) de la Banque centrale européenne. A mesure des remboursements de ces prêts, les banques retrouvent naturellement comme le souligne l’ICMA le besoin et la volonté de solliciter le marché pour se financer. D’autant que ces remboursements ont contribué à une pentification de la courbe des taux de marché, aiguisant l’appétit des banques notamment en comparaison de la rémunération nulle offerte par la facilité de dépôt de la BCE. La part des contrats repo libellés en euro au sein du marché européen a logiquement progressé en parallèle à 64,8%, 3,4 points de plus qu’il y a six mois (alors que le dollar cédait 2,1 points à 15,2% et la livre 2,7 points à 10,6%).
La hausse du volume total du marché masque tout de même une approche prudente de banques soucieuses de «maîtriser leur exposition», comme en témoigne la progression de la part des contrats de courte échéance. Ceux dont la maturité est d’au maximum un mois représentent en juin 57,2% du marché contre 50,5% en décembre 2012.
Auteur du rapport pour l’ICMA, le consultant Richard Comotto souligne que même s’«il ne faudrait pas grand-chose pour que cela déraille, (les banques) se sentent un peu plus confiantes». «Nous revenons vers une économie de marché», assure-t-il.
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