Le rendement offert est le principal soutien au retour des émetteurs high yield
L’Agefi : Les conditions sont-elles réunies pour un véritable retour des émetteurs high yield sur le marché primaire ?
Julien Daire : Du côté des émetteurs high yield européens, le récent rally des spreads – ils se sont resserrés de 1.000 points de base environ par rapport aux points hauts de 2008 –, couplé à des taux de swaps historiquement bas, devrait les encourager à venir se refinancer sur le marché à des niveaux proches de leur moyenne historique de 9-10 %.
Du côté des investisseurs, l’engouement pour le crédit ne se tarit pas avec des flux entrants qui migrent petit à petit vers les émetteurs et secteurs plus cycliques. La recherche de rendement est le principal soutien au retour des émetteurs de la catégorie spéculative comme Pernod Ricard ou Virgin Media.
Hormis un choc à court terme sur la confiance des investisseurs, le marché primaire high yield européen devrait croître dans les prochaines semaines à l’image du marché américain qui vient de connaître le deuxième mois le plus actif de son histoire. Cependant, le marché pourrait se fermer à tout moment si la reprise économique espérée ne se confirme pas.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Même si les conditions économiques s’améliorent, la poursuite des défauts est inévitable. Par conséquent, même si le spread actuel moyen de 1.200 pb anticipant 50 % de défauts environ avec 10 % de recouvrement semble protecteur, nous restons très prudents sur la classe d’actifs en nous concentrant sur les émetteurs notés « BB ». Sur les émetteurs plus risqués, nous privilégions les stratégies de base (achat du titre couplé à une couverture via CDS) qui sont gagnantes en cas de défaut.
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