Le rendement des obligations américaines ne cède pas aux menaces de Fitch

Malgré la mise sous perspective du « AAA » américain par Fitch cette nuit, le rendement des obligations d’Etat à 10 ans restait stable à 1,99%
Patrick Aussannaire

La dette américaine revient sur le devant de la scène. Après la perte du «AAA» américain infligée par S&P le 5 août dernier suite aux atermoiements du Congrès concernant le relèvement du plafond de la dette, c’est Fitch qui sanctionne cette nuit l'échec du «super-comité» à s’accorder sur un plan de réduction du déficit budgétaire. L’agence a placé le «AAA» des Etats-Unis sous perspective négative en menaçant la dette américaine d’une dégradation dans le cas où aucun accord «crédible» ne serait trouvé dans les deux prochaines années pour infléchir le niveau d’endettement du pays. Fitch précise que la perspective négative indique une probabilité d’un peu plus de 50% d’un déclassement en l’espace de deux ans.

«L’échec du super-comité souligne les difficultés à établir un large consensus sur la manière de réduire le déficit budgétaire fédéral colossal» a indiqué Fitch. «La perspective négative reflète la baisse de confiance de Fitch que des mesures fiscales nécessaires pour remettre les finances publiques américaines sur le bon chemin et assurer sa note souveraine AAA seront mises en place à temps». Et d’ajouter qu’une dégradation pourrait également intervenir d’ici fin 2013 dans le cas d’une «dégradation des perspectives économiques et fiscales». Fitch publiera ses projections économiques et budgétaires révisées pour les Etats-Unis et procèdera à un nouvel examen de la note en 2012.

Si Moody’s et S&P ont toutes deux indiqué le 21 novembre dernier que l'échec du «super-comité» n’aura pas de répercussion immédiat sur la note américaine, Moody’s a précisé que la note pourrait être remise en cause si les parlementaires faisaient machine arrière concernant les coupes automatiques de 1.200 milliard devant entrer en vigueur à partir de 2013.

La dégradation du «AAA» américain n’avait pas eu de conséquence sur les rendements américains, qui avaient même reculé suite à l’annonce. Le taux 10 ans ne gagnait cette nuit qu’un modeste point de base à 1,99% à Tokyo. Même si les 1.300 milliards de dollars de déficit atteints fin septembre pèsent 8,7% du PIB, soit le troisième plus important ratio dans les 65 dernières années (derrière 2009 et 2010), David Riley, analyste chez Fitch, a rappelé que le rôle du dollar comme réserve de change «garantissait un énorme levier de flexibilité pour les Etats-Unis» et constitue une des raisons du maintien du «AAA».

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