Le redémarrage de la demande de crédit des entreprises se confirme
L’enquête de la BCE rend compte d’une stabilisation des conditions de prêt au quatrième trimestre 2010 malgré la crise irlandaise
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Violaine Le Gall
Au troisième trimestre 2010, la demande nette de crédit des entreprises avait augmenté pour la première fois depuis deux ans. D’après la dernière enquête de la Banque centrale européenne publiée hier, l’embellie s’est confirmée en fin d’année malgré la crise de la dette irlandaise, durant laquelle 25 à 30 % des banques ont dans ce contexte observé une détérioration de leur accès au marché obligataire.
Malgré cela, neuf banques sur dix ont observé une stabilité des conditions de crédit aux entreprises. Les grands groupes ont bénéficié d’un léger assouplissement tandis que les petites et moyennes entreprises ont encore subi un léger durcissement. «Les résultats de l’enquête confirment que le crédit dans la zone euro s’améliore lentement mais sûrement», conclut Martin van Vliet, économiste senior chez ING. Par ailleurs, le solde entre les banques ayant constaté une augmentation de la demande et celle ayant observé une baisse est ressorti à 10 % au quatrième trimestre contre 7 % sur la période précédente.
Au premier trimestre 2011, la situation ne devrait pas fondamentalement changer. Les banques anticipent une nouvelle hausse de la demande, en particulier des PME, mais un léger durcissement des conditions de crédit, avec un taux net à 2%.
Les conditions sur le crédit à l’habitat ont en revanche fait un pas en arrière fin 2010. Les banques rendent compte d’un resserrement des conditions de crédit, avec un solde de 11% en net contre 0% au troisième trimestre, un mouvement qui s’expliquerait par l’augmentation de la perception par les banques du risque sur le marché immobilier et l’économie en général. Les banques estiment que le durcissement pourrait ralentir au premier trimestre 2011. La demande de crédit à l’habitat a néanmoins continué d’augmenter. Enfin, les conditions sur le crédit à la consommation se sont durcies légèrement.
«Même si les banques n’ont pas encore commencé à détendre les conditions de crédit, des signes d’amélioration du cycle de crédit continuent d’apparaître parallèlement à un renforcement progressif de la demande», résume Marco Valli, chef économiste pour la zone euro d’UniCredit. Toutefois, ces améliorations ne plaident pas pour une remontée des taux de la BCE, soulignent les économistes.
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