Le recul de l’activité en Europe plaide en faveur d’un nouvel assouplissement
L’activité devrait encore se contracter dans la zone euro au troisième trimestre. L’indice provisoire des directeurs d’achats (PMI) publié par le fournisseur de données Markit est ressorti à 46,4 en juillet, au même niveau que le mois précédent. Ce bon indicateur avancé du PIB présage d’une baisse trimestrielle de la croissance de 0,6% dans la région, selon Markit. Cette morosité pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à assouplir encore sa politique monétaire.
Le recul de l’activité est particulièrement important dans l’industrie manufacturière. L’indice s’inscrit à 44,1 en juillet (contre 45,1 en juin). Un repli d’une telle ampleur n’avait pas été enregistré depuis 2009. Le secteur des services n’échappe pas à la contraction. Son indice est à 47,6 (contre 47,1).
«Il est clair que les pays centraux de la zone euro sont en train de rattraper les plus faibles, à la périphérie», souligne Neville Hill chez Credit Suisse. En Allemagne, l’activité ralentit pour le troisième mois consécutif et le plus sévèrement depuis juin 2009. L’indice PMI composite est ainsi à 47,3 ce mois-ci (contre 48,1). L’activité des industriels est même tombée à 43,3 (contre 45), alors que celle des prestataires de services se maintient à 49,7 (contre 49,9).
En France, l’activité globale recule pour le cinquième mois consécutif à 48 (contre 47,3). Si l’industrie manufacturière est vraiment à la traîne (43,6 contre 45,2), les prestataires de services ont tiré leur épingle du jeu: avec un indice d’activité à 50,2 (contre 47,9).
Pour le chef économiste de Markit, Chris Williamson, cet «unique signe d’amélioration» dans la zone euro résulte «vraisemblablement d’un retour à la normale de l’activité intérieure après les élections et est donc susceptible de s’avérer temporaire». Il souligne que dans l’ensemble la baisse de l’activité s’explique par une baisse du volume des nouvelles affaires. Elle se traduit par une accélération des destructions d’emplois et une baisse des prix.
Pour l’économiste de JP Morgan, Greg Fuzesi, la faiblesse de la croissance devrait pousser la BCE à baisser ses taux de 25 points de base dès septembre. L’économiste d’ING, Peter Vanden Houte s’attend à un assouplissement du même ordre. Face aux difficultés de la Grèce et de l’Espagne, il estime aussi que la banque n’aura pas d’autre choix que d’offrir sa liquidité au Mécanisme européen de stabilité.
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