Le rebond de l’euro dépend des conclusions du sommet de Bruxelles
La parité de la monnaie unique avec le dollar est très corrélée depuis l’automne à la perception du risque souverain des Etats périphériques
Publié le
Alexandre Garabedian
Parmi les corrélations que la crise financière a révélées, celle qui lie l’euro au risque souverain des pays membres de la zone s’est affirmée ces dernières semaines. Les pressions sur la dette grecque ont provoqué à la fois un élargissement des rendements des Etats périphériques (Grèce, Irlande, Espagne, Portugal) par rapport au Bund et un affaiblissement de l’euro face au dollar. L’évolution des deux courbes tend à se confondre depuis l’automne 2009 (voir graphique). La même corrélation saute aux yeux si l’on compare cette fois les CDS à 5 ans des pays concernés avec la parité euro/dollar.
Selon le modèle d’évaluation des stratégistes de Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, qui exclut le risque souverain, la parité euro/dollar devrait plutôt se situer à 1,42 et non 1,37-1,38 comme ces derniers jours. «Ceci implique une prime de risque de crédit souverain d’environ 3,5%. Quand les craintes d’un défaut reculeront et que la prime de risque se réduira, l’euro s’appréciera», estime Lee Hardman, l’économiste change de la banque japonaise.
Un autre facteur peut jouer à court terme en faveur de la monnaie unique: l’importance des positions spéculatives vendeuses sur l’euro, qui ont atteint 46.547 contrats futures, un record depuis 1999. De tels niveaux laissent espérer des rachats et donc un rebond face au dollar.
Tout dépendra bien sûr des conclusions du sommet européen qui se tient aujourd’hui à Bruxelles. Un soutien affirmé à la Grèce serait sans doute positif pour l’euro. Mais le risque que les marchés délaissent ensuite Athènes pour des cibles plus grandes, comme l’Espagne, constitue toujours une pression à la baisse. Les stratégistes de BNP Paribas estiment dans ces conditions que l’euro/dollar pourrait toucher les 1,30 dans un mois.
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