Le rallye obligataire se poursuit sur la dette française et allemande
Le rendement de l’OAT 10 ans a frôlé les 2% vendredi, et le taux allemand à 2 ans est passé sous zéro. La France émettra à 50 ans jeudi
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Alexandre Garabedian
Le spectaculaire rallye obligataire des derniers jours donne des idées à l’Agence France Trésor. Celle-ci émettra jeudi des obligations à 50 ans, sur une ligne existante d’échéance avril 2060 qui porte un coupon de 4%. Le dernier abondement sur cette souche remontait à novembre 2010. Au total, en incluant trois autres lignes à 7 ans, 10 ans et 15 ans, l’AFT espère placer entre 7 et 8 milliards d’euros jeudi, restant ainsi fidèle à ses habitudes en matière de montants levés lors de ses adjudications bimensuelles de dette.
Si l’Agence ne commente pas la faiblesse des taux français, il ne fait pas de doute qu’elle souhaite profiter de la forte demande actuelle pour les OAT avec cette émission à 50 ans. Vendredi, le rallye obligataire en faveur des pays du cœur de la zone euro s’est poursuivi. Les rendements français à 10 ans se sont resserrés de 30 points de base en séance à 2,059%, et refluaient encore de 10 pb (à 2,23%) en fin d’après-midi. En dix jours, le gain est de plus de 60 points de base. Les taux à 30 ans sont passés sous les 3%.
Le Bund continue lui aussi à bénéficier de l’aggravation de la crise des dettes souveraines en zone euro et de l’attentisme qui prévaudra d’ici au résultat des élections en Grèce le 17 juin. Le 10 ans allemand atteignait 1,17% vendredi, et les taux à 30 ans (1,66%) sont désormais inférieur à ceux du Japon. Sur la partie courte de la courbe, les rendements du Schatz (2 ans) sont entrés un bref instant en territoire négatif.
Mais l’ensemble des rendements obligataires, y compris ceux de l’Espagne et de l’Italie, se détendaient vendredi, ces deux derniers sur des espoirs de reprise par la Banque centrale européenne de son programme de rachat de dette publique. A l’inverse, les investisseurs désertent les autres classes d’actifs risquées. L’Euro Stoxx 50 a chuté de 2,37%, tandis que les prix des matières premières enregistraient de nouveaux replis.
Le mouvement dépasse de fait le cadre européen. A la confirmation du ralentissement chinois et aux faibles indicateurs PMI en Europe ont succédé vendredi des chiffres de création d’emplois très décevants aux Etats-Unis. Avec seulement 69.000 créations au mois de mai et une révision en baisse pour mars et avril, ces statistiques ont poussé les taux longs américains vers le bas et accentué les pertes du S&P 500.
Comme la quasi-totalité des analystes le prévoyaient, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu inchangé son taux directeur à 3,75% jeudi, soit un statu quo pour la cinquième réunion consécutive. Mais le vote est passé à seulement 6 voix contre 3.
L'opération, concrétisée par le rachat de deux sociétés de gestion locales et une participation de 40% dans une autre, apportera au gérant américano-britannique environ 20 milliards d'euros d'actifs. Les deux groupes nouent aussi un partenariat commercial de long terme.
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