Le rally nous a ramenés sur des niveaux de récession sévère
L’Agefi : Jugez-vous durable le rebond des marchés actions amorcé depuis un mois ?
Philippe Percheron : Il y a un mois les marchés plongés dans le désespoir établissaient de nouveaux records de baisse. Depuis, quelques bonnes statistiques économiques et des préannonces d’un retour aux bénéfices des banques américaines, ont suffi pour que les investisseurs reviennent à plus de raison.
Une question pourtant reste sans réponse. Les marchés n’occultent-ils pas des difficultés économiques plus profondes de nature à provoquer une baisse plus forte encore que la précédente ? Bien que cette thèse ait encore des adeptes, elle est peu vraisemblable. On a quitté des niveaux de marché de fin du monde. Le rally nous a ramenés sur des niveaux correspondant à une récession sévère. Une poursuite de la hausse à ce rythme n’est guère plus probable. Certes, nous avons eu une série d’indices économiques favorables, signe d’un début de stabilisation mais l’amélioration est insuffisante pour se traduire sur les bénéfices des entreprises. Le marché du crédit ne s’est d’ailleurs pas enthousiasmé sur cette perspective et les attentes bénéficiaires américaines tablent sur un recul de 38 % des profits ce trimestre, et cette fois les banques n’en seront pas la cause.
La récente flambée des valeurs bancaires françaises augure-t-elle d’une prochaine sortie de crise ?
Le rally récent a été très sélectif. Peu de secteurs y ont participé. La flambée des banques n’est due qu’à un phénomène de rattrapage après la descente aux enfers des derniers mois qui avait amené les cours à des niveaux de capitalisation parfois inférieurs à la valeur de leur réseau d’agences.
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