Le ralentissement mondial a entamé l’attractivité des pays développés
Les investissements directs étrangers (IDE) ont chuté de 18% en 2012 à 1.350 milliards de dollars, selon le rapport annuel de la Cnuced. «La reprise à des niveaux d’investissements plus vigoureux prendra plus de temps que prévu», estime l’organisme qui anticipe des IDE stables en 2013, avec un montant maximal estimé à 1.450 milliards de dollars, soit une augmentation de 7,4%.
Si une amélioration des conditions macroéconomiques pourrait conduire «les entreprises internationales à convertir leurs montants record de trésorerie en nouveaux investissements», avec une hausse anticipée des IDE à 1.600 milliards en 2014 et 1.800 milliards en 2015, le rapport pointe du doigt le risque d’une faiblesse structurelle du système financier global, d’une possible détérioration de l’environnement économique, et d’une incertitude des politiques dans les zones clés, qui pourraient inverser cette tendance.
Dans ce contexte, le paysage semble changer. Pour la première fois de leur histoire, les pays émergents ont capté une part d’investissements étrangers plus importante que les pays développés en 2012. Les pays émergents ont ainsi attiré 52% des IDE globaux en 2012, malgré un recul de 4% à 703 milliards de dollars. Dans le même temps, les IDE réalisés par ces mêmes économies ont atteint 426 milliards, soit un record de 31% des investissements mondiaux. Et l’Asie émergente capte environ 75% de ces investissements réalisés par les émergents. Et la Chine s’est massivement tournée vers ses voisins en prenant la troisième place des investissements globaux réalisés dans la zone, derrière les Etats-Unis et le Japon.
En revanche, les pays développés ont fortement perdu de leur attractivité avec des IDE en chute de 32% à 561 milliards. Un plus bas depuis dix ans. Parallèlement, les entreprises internationales (TCN) des pays développés se sont montrées frileuses en réduisant de 23% à 909 milliards de dollars leurs investissements à l’étranger.
«L’incertitude des perspectives économiques a conduit les TCN des pays développés à maintenir leur politique attentiste en termes de nouveaux investissements et à réduire leurs actifs, plutôt que de se lancer dans des politiques d’expansion internationale majeures», explique le rapport. Les investissements étrangers en France ont chuté de 35% à 25,1 milliards, et les investissements des groupes français à l’étranger de 37,5%, à 37,2 milliards.
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