Le rachat de DTZ témoigne de la baisse des prix dans les services immobiliers

L’activité représentera 37 % des revenus du repreneur, l’australien UGL. Le prix d’acquisition est inférieur à la dette de la cible
Antoine Landrot

Un temps sur la sellette depuis l’échec de la tentative de reprise de BNP Paribas, les activités opérationnelles de DTZ Holdings ont trouvé un repreneur: elles ont été acquises par UGL, une entreprise australienne spécialisée dans la construction et les services aux infrastructures. Les deux parties négociaient depuis le début du mois de novembre.

Le montant de la transaction atteint 77,5 millions de livres sterling (soit 90,2 millions d’euros), ainsi qu’un «ajustement de trésorerie». Mais les actionnaires de DTZ Holdings n’en verront probablement pas la couleur, puisque la société de services immobiliers porte une dette de 106 millions de livres. Mais les quelque 4.700 emplois devraient être sauvegardés, selon Ernst & Young, l’administrateur désigné pour la vente de DTZ.

DTZ avait été placé sous administration judiciaire peu avant l’ouverture des négociations, après l’échec mi-octobre d’une tentative de reprise par son actionnaire majoritaire Saint George Participations (qui en possède 55%) pour le compte de BNP Paribas. L’offre originelle, soumise avant l’été, valorisait la société à 160 millions de livres. Mais la dégradation du contexte international pour les banques a poussé BNP Paribas à interrompre le processus.

A travers cette acquisition, UGL veut se renforcer de manière générale dans l’immobilier d’entreprises, capter la croissance du marché chinois et renforcer sa présence à Singapour. L’Asie pesait 31% des revenus de DTZ pour son année fiscale 2010-2011 (close en avril). «De nombreuses entreprises chinoises s’établissent en Europe et aux Etats-Unis, et vice versa. Grâce à cette transaction, nous avons probablement parmi les meilleures connexions entre le continent américain, l’Europe et l’Asie. […] La seule croissance interne serait trop lente», a déclaré Richard Leupen à l’agence Reuters.

Les activités de DTZ permettront à UGL de dépasser les 5 milliards de dollars australiens de revenus (3,9 milliards d’euros) et l’opération devrait être relutive dès l’exercice 2012, a indiqué le repreneur. Le pôle des services immobiliers représentera 37% de son activité.

Australien, l’acquéreur de DTZ n’est toutefois pas totalement étranger à la société de conseil immobilier d’entreprise. En effet, le directeur général d’UGL, Richard Leupen, en fut l’un de ses responsables.

La concentration du secteur des services immobiliers s’accentue. Cette année, CB Richard Ellis a acquis ING Reim, tandis que Jones Lang Lasalle s’est emparé de King Sturge.

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