«Le QE3 pourrait finir par inquiéter les créanciers de l’Amérique»
- L’Agefi : Quel sera l’impact du troisième assouplissement quantitatif (QE3) sur l’économie américaine ?
- Eric Bourguignon : Le nouveau programme de rachat d’actifs par la Fed devrait dans un premier temps permettre de contenir la hausse des taux d’intérêt à long terme. Il est également de nature à affaiblir le dollar, et à prolonger l’embellie observée sur les marchés immobiliers et financiers. Il constitue en conséquence un facteur indéniable de soutien à l’activité économique et donc au marché du travail, conformément à son objectif avoué. Il se pourrait cependant que ses effets à long terme soient plus discutables. Le QE3 entretient la hausse du cours des matières premières et relance les anticipations inflationnistes. Il pourrait aussi finir par inquiéter les créanciers de l’Amérique, ce qui serait très fâcheux au moment où ses soucis budgétaires devraient revenir à la une de l’actualité.
- Quelles seraient les conséquences d’un taux de la facilité de dépôt de la BCE négatif ?
- En adoptant un taux négatif sur sa facilité de dépôt, et sur toutes ses autres formes de dépôts, la BCE entraînerait probablement les taux interbancaires en territoire négatif. Il n’est pas dit que cette baisse des taux permettrait de relancer le crédit en zone euro car l’atonie du crédit semble davantage résulter de la faiblesse de la demande de prêts que des restrictions pesant sur l’offre dans cette zone, selon les enquêtes dont nous disposons. Il est en revanche certain qu’elle serait problématique pour l’industrie de la gestion monétaire, gestion déjà passablement ébranlée par la récente baisse des taux directeurs de la BCE, et qui, rappelons-le, reste un des vecteurs essentiels du financement à court terme de l’économie.
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