Le Qatar place ses pions dans la banque privée européenne
Après le rachat de la filiale de banque privée de KBC, la famille royale qatarie est sur le point de reprendre la branche luxembourgeoise de Dexia
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Florent Le Quintrec
Le malheur des banques belges fait le bonheur des investisseurs qataris. KBC a annoncé lundi avoir conclu un accord avec Precision Capital, «une entité luxembourgeoise qui représente les intérêts d’un investisseur qatari», pour lui céder sa filiale de banque privée KBL European Private Bankers pour 1,05 milliard d’euros.
Cet investisseur qatari tombe à point nommé pour KBC. La banque cherchait depuis plus d’un an à céder l’activité sur demande de la Commission européenne après sa restructuration et afin de rembourser l’Etat belge qui lui avait prêté 7 milliards d’euros pendant la crise financière. Une première tentative de cession l‘an dernier au groupe indien Hinduja pour 1,35 milliard avait échoué faute d’autorisation des régulateurs. Bien que le montant obtenu soit moins élevé qu’escompté, cette opération lui permettra de libérer 700 millions d’euros de capital.
La filiale de KBC, qui cherche également à vendre sa banque en Pologne ainsi que des filiales d’assurance, totalisait 47 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 30 juin.
L’identité de l’investisseur qatari n’a pas été révélée mais le ministre des Finances du Luxembourg, Luc Frieden, a indiqué qu’il faisait partie de la famille royale Al-Thani et qu’il était également disposé à racheter la branche luxembourgeoise de Dexia, Banque internationale à Luxembourg (BIL). Celle-ci est à la fois banque de détail et banque privée.
«Une famille d’un groupe financier du Qatar est prête à racheter la banque», a déclaré Luc Frieden.
«Le fait qu’un groupe familial du Qatar» achète KBL et accepte d’acquérir Dexia BIL «est une bonne chose pour la place financière luxembourgeoise car les deux groupes sont complémentaires et peuvent se développer indépendamment l’un de l’autre», a salué Luc Frieden, sans toutefois préciser le montant de la transaction.
Le 6 octobre, il avait déjà indiqué être en discussion avec un investisseur international pour la reprise de BIL et qu’un accord serait sans doute trouvé avant la fin du mois, l’Etat devant à cette occasion devenir actionnaire minoritaire pour quelque 150 millions d’euros. L’arrivée du Qatar dans le Grand-Duché devrait ainsi favoriser la stratégie du pays visant à devenir la place centrale de la finance islamique en Europe.
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