Le Qatar et les Emirats arabes unis font cause commune pour investir
L’univers des fonds souverains s’enrichit d’un nouvel acteur moyen-oriental doté initialement d’une force de frappe de deux milliards de dollars
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Benoît Menou
Les Etats pétroliers du Golfe unissent leurs forces pour investir de par le monde. Lundi, le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU) ont entériné la décision du lancement prochain d’un fonds d’investissement commun.
Un accord a été signé par le directeur général de l’International Petroleum Investment Company (IPIC) des EAU, Khadem Abdullah Al Qubaisi, et le directeur du Qatar Investment Authority (QIA) Hussein Ali Al Abdullah. Les deux entités gouvernementales dirigeront conjointement la manœuvre. Cet accord a été paraphé à l’issue de discussions à Doha, capitale du Qatar, impliquant les plus hauts dignitaires politiques de chaque pays, et portant sur des sujets régionaux et internationaux d’intérêt commun pour ces deux Etats aux relations « fraternelles ».
Aucun détail n’a été fourni au sein du communiqué officiel transmis par l’agence d’information officielle des Emirats, WAM. Le directeur général de l’IPIC a pourtant confié à Reuters que chacune des deux parties consentira un investissement initial d’un milliard de dollars et que le fonds pourrait entrer en phase opérationnelle d’ici environ six mois.
« Nous avons l’intention d’investir dans tous les secteurs, y compris le pétrole et la pétrochimie » a avancé Khadem Abdullah Al Qubaisi, ajoutant que « nous étudierons toute opportunité susceptible de nous rapporter de l’argent et où nous pouvons apporter de la valeur. Cela peut émerger n’importe où : Moyen-Orient, Asie, Afrique, Europe ou Etats-Unis ». Vaste terrain de chasse, d’autant qu’aucune cible spécifique n’a encore été identifiée, a tenu à préciser l’investisseur.
Les fonds souverains asiatiques ou moyen-orientaux font face à des assauts de critiques émanant de divers horizons, notamment des milieux politiques américains, quant à une mainmise sur des groupes d’intérêt national stratégique. Nombre de ces investisseurs répondent que leur orientation doit demeurer économique, sans visée géopolitique. Des dignitaires du Golfe ont convenu la semaine passée avec le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson d’un ensemble d’engagements mutuels à ce sujet. Le responsable de l’IPIC, de même, a confié qu’« on ne peut pas être agressif dès le premier jour (du fonds) ». « Nous adopterons une position conservatrice avec les premiers investissements et bâtirons prudemment (notre portefeuille) », a-t-il estimé, se voulant sans doute rassurant.
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