Le projet de réforme des retraites laisse les marchés de marbre
La réforme des retraites françaises, présentée mardi, n’a pas provoqué de réaction sur les marchés et laisse certains économistes sur leur faim. Hier, le rendement des taux français à dix ans restait stable à 2,43%. «Du point de vue d’un investisseur et de la Commission européenne, cette réforme remplit le nombre minimum de cases car elle devrait aider à équilibrer les comptes et augmente le nombre d’années de cotisations, mais ne propose pas beaucoup d’autres choses», notent les économistes de Citi. «La réforme n’est pas particulièrement ambitieuse mais comble une partie du déficit prévu d’ici à 2020», estime l’économiste de Credit Suisse, Giovanni Zanni.
Alors que le régime général des retraites et les régimes assimilés risquent d’afficher un déficit de près de 8 milliards d’ici à 2020, le gouvernement affirme pouvoir le ramener à l’équilibre en augmentant les cotisations des actifs et des entreprises (de 0,3 points d’ici à 2017). L’exécutif, qui a exclu une baisse ou un gel des pensions, prévoit par ailleurs de gagner 200 millions d’euros en supprimant des exonérations d’impôts accordées à certains retraités. Au-delà de 2020, le gouvernement propose d’augmenter d’un trimestre tous les trois ans, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Celle-ci passera de 41 ans et trois trimestres en 2020 à 43 ans en 2035. Le gouvernement compte ensuite sur le dynamisme démographique de la France pour rééquilibrer les régimes, car les effets du baby-boom se seront estompés.
Dans ses recommandations, adoptées par les Etats membres cet été, la Commission soulignait l’«urgence» qu’il y avait à réformer les retraites et suggérait d’agir, entre autres, sur l’âge de départ ou les régimes spéciaux. Bruxelles préconisait aussi «d’éviter une augmentation des cotisations sociales pour les employeurs». Tous ses conseils n’auront donc pas été suivis. Bruxelles fournira son analyse de la réforme sur la base du projet de loi. Elle s’intéressera certainement aussi à la réforme annoncée par le gouvernement pour que le financement de la protection sociale pèse moins sur le coût du travail.
Economiste chez Barclays, Fabrice Montagné estime que «cela aurait l’avantage de rendre les réformes neutres en termes de coût du travail». Pour Giovanni Zanni, chez Credit Suisse, cette réforme est d’autant plus importante que «les vrais problèmes de la France sont davantage liés à la compétitivité et à la flexibilité du marché du travail».
Plus d'articles du même thème
-
Un homme politique peut divulguer une information privilégiée, sous conditions
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé que la liberté d’expression dans les médias peut s’appliquer à un politique, si cette information nourrit un débat public sur une question d’intérêt général, sous réserve de ne pas tirer avantage de cette divulgation et de ne pas induire intentionnellement le marché en erreur. -
RockFi équipe ses conseillers d’un agent IA pour le suivi patrimonial
La fintech déploie un agent IA auprès de ses conseillers privés afin d’automatiser une partie du suivi patrimonial et offrir un accompagnement plus personnalisé à ses clients. -
Le recul de l'activité s'atténue dans la zone euro en juin
L'indice PMI composite de la zone euro est remonté à 49,5 en juin, contre 48,5 en mai, selon les données provisoires publiées par S&P Global et la Hamburg Commercial Bank. Le repli de l'activité s'est en revanche accentué en Allemagne. -
Heineken opte pour une direction hors-les-murs pour tonifier ses ventes
Le brasseur nomme Rafael Oliveira, en tant que nouveau PDG. Avec le choix de ce profil externe, issu du secteur du café, le néerlandais espère trouver la bonne recette de sa relance commerciale. -
Un vent de consolidation souffle sur les marchés asiatiques
Avec un plongeon de près de 10 % avant la suspension des échanges, la Bourse de Séoul subit, à travers le Kospi, des prises de bénéfices massives sous l'effet de dégagements dans les semi-conducteurs, très en vue ces derniers mois avec la flambée de l'IA. A Wall Street, les futures sont mal orientés -
Derrière l'essor des obligations convertibles, une mutation profonde de la classe d'actifs
Ce compartiment est ainsi passé d'environ 350 milliards de dollars il y a quatre ans à plus de 620 milliards aujourd'hui, retrouvant des niveaux inédits depuis le début des années 2000, calcule Nicolas Crémieux, responsable des obligations convertibles chez Mirabaud Asset Management. La fièvre de l'IA y joue un rôle. Elle n'est pas le seul facteur.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
Contenu de nos partenaires
-
BastonLe mauvais procès de la grande distribution à ses fournisseurs
Derrière la stratégie des grandes enseignes, se cache surtout une surréglementation des rapports commerciaux qui a appauvri toute la filière -
ParadoxeLa nouvelle vie de Mario Draghi, du pouvoir à la doctrine
L’ancien président de la BCE, qui publie un recueil en Italie, apparaît de plus en plus comme une figure intellectuelle du débat européen. Une évolution inattendue pour celui qui a passé sa vie à exercer le pouvoir -
Bis repetitaEntre la Chine et les Etats-Unis, les hostilités reprennent
Pékin a décidé lundi d’imposer des contrôles à des entreprises américaines exportatrices en réponse à l’élargissement de la liste noire des entités chinoises décidé par le Pentagone