Le projet de budget 2013 de la Grèce formalise une sixième année de récession

L'économie grecque devrait se contracter de 3,8% l’an prochain après avoir reculé de 6,5% cette année. Le déficit est attendu à 4,2% du PIB
Antoine Duroyon

Après plusieurs mois de tractations au sein de la coalition au pouvoir en Grèce sur les mesures d’austérité supplémentaires à déployer pour les deux prochaines années, le gouvernement a arrêté son projet de budget pour 2013. Cet effort, qui se traduira par 7,8 milliards d’euros de coupes budgétaires dès l’année prochaine selon Reuters, doit permettre de ramener dès 2013 le déficit (service de la dette inclus) à 4,2% du PIB contre 6,6% cette année, indique le document.

Sans l’application de ces mesures supplémentaires, qui concernent les traitements des fonctionnaires, les retraites ou encore les aides sociales, il aurait rebondi à 7,1% du PIB. La dette publique devrait quant à elle s'élever à 179,3% du PIB en 2013 et le taux de chômage ressortir à 24,7%. Un accord doit encore être formalisé avec les représentants des créanciers internationaux (BCE, FMI, Commission européenne) pour permettre le déblocage d’une nouvelle tranche du plan de sauvetage.

Signal fort attendu par les investisseurs, la Grèce pourrait dégager un excédent primaire de 1,1% du PIB l’an prochain ou 2,2 milliards d’euros, lui permettant de commencer à rembourser sa dette. Le déficit primaire est attendu à 2,8 milliards d’euros cette année. «L’objectif d’excédent primaire de 1,1% est atteignable à condition que le nouveau programme de réformes soit appliqué de manière rigoureuse et que la chute de la production intérieure ne s'éloigne pas trop des prévisions du budget», estime Platon Monokroussos, économiste chez Eurobank.

Athènes a basé son projet de budget sur l’hypothèse d’une contraction de 3,8% du PIB l’an prochain, marquant une sixième année de récession. Le recul devrait s'établir à 6,5% cette année. Cette prévision est toutefois jugée encore trop optimiste par nombre d'économistes. La sévérité de la récession avec un effet dévastateur de l’austérité sur la demande et des objectifs de privatisation encore nébuleux constituent autant d'éléments de nature à compliquer la tâche du gouvernement. Dans le plan de sauvetage conclu en mars dernier avec la «troïka», Athènes tablait encore sur un repli de 4,8% du PIB cette année et sur une stabilisation l’an prochain.

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