Le projet de banque de développement des Brics avance lentement
Les membres des Brics se sont mis d’accord sur la structure d’une future banque de développement, dont le capital devrait être de 50 milliards de dollars. Mais le fonctionnement de la nouvelle institution est encore loin d’être précisé.
Des représentants du Brésil, de la Chine, de l’Inde, de la Russie et de l’Afrique du Sud, se sont entendus au début du mois d’août sur les types de ressources qui devraient alimenter le capital de la banque de développement, selon le ministre délégué aux finances russe, Sergei Storchak, cité par Reuters. Les représentants se retrouveront de nouveau, de façon informelle, en marge du G20 qui s’ouvre à Saint-Pétersbourg ce jeudi pour échanger sur la mise en place de cette banque et celle d’un fonds commun de réserves de change.
Les grandes économies émergentes se sont officiellement accordées sur la création d’une banque lors d’un sommet qui s’est tenu en Afrique du Sud en mars dernier. Le projet avait été mis sur la table en 2012 et soutenu par la Banque mondiale. La future banque est notamment destinée à financer des infrastructures, dont les besoins avaient été estimés au printemps dernier par Jacob Zuma, le président d’Afrique du Sud, à 4.500 milliards de dollars pour les cinq prochaines années.
Lors du même sommet, les cinq pays ont aussi décidé de mettre en place un fonds de 100 milliards de dollars de réserves de change. Cependant, aucun détail n’avait été révélé sur le fonctionnement de ce fonds ni sur celui de la banque de développement.
«La banque ne va pas commencer à fonctionner aussi vite que certains pourraient l’imaginer», a mis en garde le membre du gouvernement russe. «Cela prendra des mois, voire un an». Et d’expliquer que les questions de clé de répartition du capital, du paiement de celui-ci, de la localisation de la banque ou encore de sa gouvernance n’ont pas encore été tranchées.
Selon un membre du gouvernement brésilien, cité par Reuters, Brasilia plaide pour que chaque pays apporte 10 milliards au capital de la nouvelle banque. Alors que les économies émergentes ont beaucoup souffert depuis l’annonce d’une inflexion prochaine du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed, le G20 de cette semaine devrait aussi être l’occasion de discuter de la volatilité des marchés et des problèmes de change qui les affectent, selon un officiel allemand cité par Reuters.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Le titre affichait une hausse de 2,5% en début de séance mercredi. -
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Examen de conscienceLa Commission européenne à la veille d’un big bang pour lutter contre ses dysfonctionnements
L’institution bruxelloise met en chantier une vaste réforme de ses services, la première depuis un quart de siècle -
« 1,4 million de décrocheurs » : les pistes de Rexecode pour doper l'emploi des jeunes
Faciliter le recours au temps partiel, encourager le travail pendant ses études, repenser l'orientation scolaire... Rexecode liste plusieurs leviers, mais se garde de reprendre l'idée controversée du « CDI jeunes » du Medef -
La menace fantômeConflit au Moyen-Orient : Berlin craint des représailles iraniennes sur son territoire
Le chancelier allemand Friedrich Merz figure, tout comme Donald Trump et Emmanuel Macron, sur une liste de dirigeants désignés par le journal iranien Hamshahri comme devant « s'attendre à une vengeance du peuple iranien »