Le programme d'émission de la France reste à des niveaux élevés
La décrue symbolique des émissions à moyen et long termes en 2012, à 179 milliards d’euros, cache une baisse de 10 % des émissions nettes
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Alexandre Garabedian
Pour la troisième année consécutive, les émissions de dette à moyen et long terme (MLT) de la France seront de l’ordre de 180 milliards d’euros: 179 milliards pour être précis. Ce sont 5 milliards de moins qu’en 2011, et même 9 milliards si l’on raisonne en émissions nettes des tombées attendues l’année prochaine. L’afflux net de dette française sur le marché devrait donc atteindre 80 milliards l’an prochain, contre 89 milliards cette année et 105 milliards en 2009.
Cette baisse de 10% des émissions nettes a été rendue possible grâce à la politique habituelle de rachats anticipés de l’Agence France Trésor (AFT). Celle-ci a déjà repris en 2011 pour 18 milliards d’euros de titres arrivant à échéance en 2012, voire en 2013. L’année à venir reste importante en termes de tombées, avec 98,9 milliards d’euros à rembourser une fois ces rachats anticipés effectués, contre 94,8 milliards en 2011.
«D’ici à la fin de l’année, il est peu probable que nous continuions les rachats sur des titres venant à maturité en 2012. Il est possible que ce qu’on fera en plus portera sur les maturités 2013», a indiqué hier Philippe Mills, le directeur général de l’AFT.
Cette politique de rachats permet aussi de réduire les besoins de trésorerie immédiate – pour faire face aux tombées de janvier 2012. Résultat, l’encours de bons du Trésor (BTF), à 187,1 milliards fin 2010, devrait reculer à 182,7 milliards fin décembre. Autre élément positif pour la trésorerie, l’abondement de souches anciennes qui portent des coupons plus élevés que le niveau actuel des taux, a permis à l’Agence d’enregistrer pour un milliard de primes d’émission.
Une nouvelle baisse de 1,1 milliard du stock de BTF est prévue l’an prochain. Compte tenu des émissions massives de dette à moyen et long terme, la part des titres courts sur le total de dette, qui avait bondi jusqu’à 18,6% fin 2009, devrait passer dès cette année sous les 14%.
Pour couvrir ses besoins, la France a la chance de compter sur des taux au plancher. Le taux moyen des émissions MLT en septembre est tombé à 2%, contre 3,1% au deuxième trimestre 2011. Le programme 2011 est déjà réalisé à 91%. Reste à conserver la confiance des marchés. Le programme est bâti sur une hypothèse de déficit de 81,8 milliards, lui-même fondé sur une prévision de croissance très optimiste de 1,75% en 2012 qui devrait rendre nécessaire un ajustement budgétaire après les élections.
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