Le programme d'émission de la France en 2008 reste pour l’heure inchangé
La hausse de 24 milliards d’euros des encours de dette publique de fin décembre à fin février est en ligne avec le programme de financement de l’Etat
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Tân Le Quang
Stabiliser les finances publiques d’ici à 2012 est devenu une tâche difficile pour l’Etat français. Vendredi, l’Insee a publié des premiers résultats des comptes nationaux des administrations publiques particulièrement inquiétants : de fait, le déficit public, en 2007, a augmenté de 7,7 milliards d’euros par rapport à 2006 à 50,3 milliards. Porté par la hausse des dépenses de l’Etat de 4 % contre un accroissement des revenus de 3,4 %, le déficit public rapporté au produit intérieur brut (PIB) est ressorti ainsi en hausse de 0,3 % par rapport à 2006 à 2,7 % alors que le président Nicolas Sarkozy s'était engagé sur une stabilisation du ratio au niveau de 2006 à 2,4 %.
Quant à la dette publique, elle s’est accrue de 5,2 % à 1.209,5 milliards d’euros, sa part dans le PIB gonflant de 0,6 point de pourcentage à 64,2 % du PIB par rapport à 2006, un niveau qui demeure cependant conforme aux attentes de Bercy.
La France prévoit un déficit public correspondant à 2,5 % du PIB en 2008 contre 2,3 % auparavant, ont annoncé vendredi la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, et le ministre du Budget, Eric Woerth. Une révision qui « ne remet pas en cause la stratégie d’assainissement structurel de nos finances publiques ». Si certains sur le marché estiment que le gouvernement devra trouver de nouvelles ressources pour respecter la limite de 3 %, d’autres jugent que ce dérapage ne devrait avoir aucune incidence dans la gestion de la dette française cette année.
« L’annonce d’un déficit public français représentant 2,7 % du PIB en 2007 n’aura strictement aucun impact sur le programme d’émission de l’Etat de 2008 », commente un proche du dossier. « L‘augmentation de l’encours de dettes de 921 à 945 milliards d’euros de fin décembre 2007 à fin février 2008 est en ligne avec le programme de financement de l’Etat pour 2008, publié dès la fin 2007, indique-t-on du côté de l’Agence France Trésor. Du fait de la saisonnalité, l’AFT réalise 60 % au cours du premier semestre vu qu’aucune émission de dette n’est effectuée en août et en décembre ». Du 31 décembre 2001 au 31 décembre 2007, l’encours de la dette négociable française à crû de 41 % à 921 milliards d’euros.
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