Le programme d’échange de la dette grecque prend du retard
Compte tenu d’un dispositif jugé encore flou, la participation des banques sollicitées s’élèverait jusqu’ici à 50 %, contre 90 % voulu par Athènes
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Yves-Marc Le Reour
Le sauvetage financier de la Grèce peine à rallier les créanciers du secteur privé. Alors qu’Athènes avait initialement tablé sur la mi-août pour la mise en place de l’échange de titres de dette prévu par le dernier plan d’aide internationale, des responsables grecs évoquent désormais le mois de septembre. Le dispositif prévoit que les grandes banques soient appelées, sur la base du volontariat, à échanger des obligations d’Etat grecques contre des titres d'échéance plus longue pour alléger le poids de sa dette publique. Mais «les discussions continuent encore, l’offre n’est pas finalisée», selon un banquier local. D’autres ont déclaré qu’ils devaient encore recevoir un protocole d’accord avec les termes définitifs du plan.
En conséquence, seulement la moitié des banques sollicitées a répondu à l’appel jusqu’à présent, selon Reuters qui se réfère à une source proche des négociations. Mais cette participation «pourrait grimper fortement dans les prochains jours si les détails en suspens sont clarifiés», ajoute cette source. Le ministre des finances grec Evangelos Venizelos a écrit hier à une soixantaines de ses homologues en Europe, en Asie et aux Etats-Unis «afin de les tenir au fait de la participation du secteur privé», selon un responsable du ministère. Le niveau de participation actuel reste encore bien éloigné de l’objectif de 90% voulu par Athènes pour assurer l'échange ou le renouvellement de plus de 135 milliards d’euros de ses obligations d’Etat, sur des maturités allant jusqu’à 2024.
Les difficultés de la mise en œuvre de ce plan d’aide ont porté hier le taux des emprunts d’Etat grecs à 2 ans à un nouveau record à 43,6%. Le rendement à 10 ans a également dépassé hier en séance le sommet du 18 juillet en ressortant à 17,9%. Dans ce contexte incertain, la banque centrale grecque a par ailleurs activé son dispositif d’assistance d’urgence à la liquidité (ELA), écrivait hier le quotidien financier Imerisia. Ce mécanisme est l’une des options à la disposition de la zone euro pour maintenir les banques grecques à flot au cas où le pays ferait défaut sur sa dette souveraine. «Toutes les banques de petite, moyenne et grande tailles (à l’exception de la National Bank of Greece) ont déclaré qu’elles y participeront afin d'être en mesure de lever des fonds lorsqu’elles en auront besoin», précise le journal.
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