Le prix du pétrole continue de subir des pressions à la baisse
Le prix du pétrole a du mal à se stabiliser. Après la chute de 60% entre mi-juin 2013 et mi-janvier dernier, le prix du Brent s’était repris de 31% pour repasser brièvement au-dessus de 61 dollars par baril en début de mois. Depuis, il a néanmoins cédé 9% pour tomber à 55,7 dollars hier. Dans le même temps, si le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mai, dont c'était hier le premier jour de cotation comme contrat de référence, a regagné 9% depuis une semaine pour revenir à 46,83 dollars le baril sur le Nymex, il reste néanmoins toujours inférieur de 12% à son niveau enregistré au début du mois de février.
En outre, le «ralentissement de la croissance en Chine, dans plusieurs pays émergents et en zone euro, mais surtout la combinaison d’une offre excédentaire et d’un changement de stratégie des pays de l’Opep» à l’origine de la baisse des cours restent en place, estime Natixis. Le ministre saoudien du pétrole, Ali al-Naimi, a d’ailleurs rappelé dimanche que son pays ne souhaite pas que l’Opep, qui représente 30% de la production mondiale, assume seule la charge des mesures destinées à faire remonter les cours. L’Arabie Saoudite a même légèrement augmenté sa production à 10 millions de barils par jour en mars.
«L'équilibre de l’offre et de la demande est toujours défavorable, en partie à cause de la hausse persistante des réserves américaines de pétrole brut», estime Citigroup. L’Opep a produit en moyenne 30,02 millions de barils par jour le mois dernier, son plus faible niveau depuis le mois de juillet 2014 mais légèrement au-dessus de son seuil d’équilibre de 30 millions. Barclays précise même que «si la production de l’Opep devait rester à ses niveaux actuels, l’excédent implicite sur le marché du pétrole devrait progresser d’un niveau de 900.000 barils par jour actuellement à 1,3 million».
Dans ce contexte, Natixis estime que «l’offre de pétrole pourrait rester fortement excédentaire, entraînant un prix du pétrole aux alentours de 50 dollars par baril», soit une baisse de 10% par rapport au cours actuel. Le prix du baril pâtit également du mouvement de renforcement du dollar lié aux anticipations de durcissement monétaire de la Fed, la chute du prix du Brent de 52% depuis juin dernier coïncidant avec une hausse de l’indice DXY (dollar contre les principales devises) de 21%. Si cette relation «est loin d’être stable», Aurel BGC reconnaît néanmoins qu’elle «a sensiblement progressé ces derniers mois».
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