Le prix de l’immobilier anglais en repli pour le cinquième mois consécutif
La confiance des consommateurs a aussi atteint un plus bas depuis 1993, renforçant le scénario d’une entrée en récession de l’économie britannique
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Alexandre Boksenbaum
La déprime économique frappe de plus en plus fort à la porte de l’Europe. Le prix d’une maison au Royaume-Uni a progressé, au mois de mars, de 1,1 % par rapport à l’an dernier, à 179.110 livres sterling (226.055 euros). Toutefois, avec du recul, on note qu’il s’agit là d’un fort ralentissement, la croissance du prix de l’immobilier au mois de février ayant été de 2,7 %. De fait, cette croissance est la plus faible depuis 1996. En outre, en comparant cette donnée aux mois précédents, la statistique ressort alors en baisse pour le cinquième mois consécutif.
Le marché immobilier outre-Manche pourrait décliner pour la première fois depuis 1993 prévient Lehman Brothers, qui s’attend dans une étude à ce que le prix des maisons recule de 8 % d’ici la fin de 2009. Fionnuala Earley, chef économiste chez Nationwide, évoque un «changement clair» dans la perception du marché immobilier depuis l’été dernier. La confiance est au cœur des décisions des investisseurs, rappelle-t-elle. Or quand ces derniers sont de plus en plus pessimistes, il y a peu de chance que le marché reparte à la hausse. L’optimisme des consommateurs a ainsi reculé de 2 points en février, à -19, selon GfK NOP, et Nationwide a noté que les investisseurs s’attendaient à un repli de 3 % des prix au cours des six prochains mois.
Dès lors la probable récession américaine a de fortes chances de se propager à la Grande-Bretagne. Lehman Brothers pense qu’il existe une chance sur trois pour que l’économie anglaise entre en récession d’ici à fin 2009. Un sentiment renforcé par les prévisions des économistes qui n’attendent que 1,6 % de croissance pour cette année, soit son niveau le plus faible depuis 1992. Bien que l’une des ses anciennes responsables, DeAnne Julius, ait appelé à des actions « agressives », on ne voit toutefois pas comment la banque centrale pourrait éviter un tel scenario. Les banques ont en effet jusque-là refusé de répercuter auprès de leurs clients la baisse des taux d’intérêt initiée par la BoE.
Toutefois, Fionnuala Earley se veut rassurante et préfère évoquer un repli « modeste » en rappelant que les prix de l’immobilier ont triplé au cours des dix dernières années. Le recul actuel ne serait alors qu’une « correction » par rapport à cet emballement. Elle croit ainsi que cela devrait permettre d’assurer « une plus grande stabilité » du marché à l’avenir.
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