Le premier CMBS européen d’après-crise est mis à prix dans la douleur
Alors que tous les professionnels de la titrisation se réunissent hier et aujourd’hui à Bruxelles pour évoquer l’avenir de la titrisation, l’activité sur le marché primaire témoigne d’un renouveau, encore contenu, du secteur. Deutsche Bank vient de boucler la première émission de CMBS (commercial mortgage-backed securities) non retenue au bilan de l'émetteur depuis l'éclatement de la crise en 2007. L’opération, baptisée Deco 2011-CSPK, va permettre de financer l’acquisition par Blackstone de Chiswick Park, un parc d’affaires situé dans l’ouest de Londres.
L'émission, d’un montant total de 302 millions de livres (343 millions d’euros), est divisée en quatre tranches. La classe A, notée AAA, a été mise à prix à 175 points de base au-dessus du Libor à 5 ans, un niveau en bas de la fourchette indicative. Après Deco 2011-CSPK, d’autres émissions de CMBS seraient en préparation.
«Ce n’est pas pour autant le deal qui redonnera véritablement confiance aux structureurs», estime un professionnel. D’abord, Deutsche Bank aurait assoupli les termes, faisant descendre en termes de priorité la classe X, retenue, en dessous de trois autres classes, placées auprès d’investiseurs, d’après Bloomberg. Par ailleurs, le ratio de couverture de la tranche senior ne serait ressorti qu'à 1,1 fois et un investisseur aurait été à l’origine de la majeure partie de la demande.
Enfin, les agences de notation ne sont pas unanimes sur l’opération. Si S&P et DBRS ont noté AAA la tranche senior, Fitch, qui n’a pas été sollicitée pour la notation, est plus prudente et indique qu’elle n’aurait pas attribué à l’opération une note aussi élevée. L’agence émet d’abord une opinion nuancée sur le bien financé par la titrisation, à savoir le parc d’affaires de Chiswick Park. Certes, la construction est de qualité et le taux d’occupation est supérieur à la moyenne, mais l’actif est situé hors d’un secteur classique de bureaux. Par conséquent, «le site court le risque de perdre de son attractivité vis-à-vis des locataires actuels», notamment des médias internationaux, en particulier en cas de crise grave. Fitch est également vigilante sur la structure de l’opération. Elle rappelle que ce CMBS n’est adossé qu'à un actif unique. Elle juge par ailleurs la structure «complexe», ce qui pourrait engendrer des coûts supplémentaires.
{"title":"","image":"77180»,"legend":"titrisation»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’Agence française anticorruption multiplie les actions dans le public et le privé
Les condamnations en matière d’atteinte à la probité ne cessent d’augmenter. Près d’une sur deux concerne les collectivités territoriales. L’Agence française anticorruption (AFA) a mené l’an dernier deux fois plus d’actions de sensibilisation à l’égard des acteurs publics. -
Tandis que Proxima lève 411 millions d'euros, la France se laisse distancer dans la fusion nucléaire
Valorisée 2,4 milliards d'euros, la start-up bavaroise attire Google et RWE à son capital lors d'un tour mené par XTX Ventures et East X Ventures. Ses rares homologues françaises, elles, peinent à dépasser quelques dizaines de millions.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027 -
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée