«Le potentiel de baisse de l’euro-dollar est limité à 1,06 à horizon 6 mois»
L’Agefi : Que faut-il pour que l’euro reparte à la baisse?
Nordine Naam : Pour que l’euro-dollar reparte à la baisse, il faudrait que la Fed relève ses taux directeurs bien plus que prévu. Or la dégradation de la situation économique en Chine et dans de nombreux pays émergents devrait plutôt inciter la Fed à la prudence dans son cycle de hausse des taux. Côté euro, il faudrait que la BCE se montre encore plus active par exemple en augmentant ses achats d’actifs. Cela renforcerait son statut de devise d’emprunt et alimenterait davantage les sorties de capitaux notamment vers les Etats-Unis, plus attractifs en termes de rendement. Enfin, les incertitudes politiques en Grèce et en Espagne sont aussi susceptibles de pénaliser l’euro. A horizon 6 mois, le potentiel de baisse de l’euro-dollar sera donc limité à 1,06.
Les devises émergentes ont-elles fini de se déprécier?
De nombreuses devises émergentes ont testé des plus bas historiques comme le real brésilien (BRL), le peso mexicain (MXN), le rand sud-africain (ZAR), la livre turque (TRY), le rouble russe (RUB) mais également en Asie, le ringgit malaisien (MYR), et les roupies indienne et indonésienne (INR et IDR). Cependant leur taux de change effectif réel n’a pas corrigé significativement, ce qui suggère qu’il y a encore du potentiel à la baisse pour certaines d’entre elles en cas de persistance du cours des matières premières à des niveaux bas, des risques liés au ralentissement de la croissance chinoise et à la hausse attendue des taux Fed Funds. Les devises des pays où l’inflation et le déficit courant demeurent élevés comme le BRL, la TRY, l’IDR et la MYR sont les plus exposées.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna. -
La cotation de SpaceX nourrit l’attractivité de l’investissement spatial
Dans le sillage de l’entrée en Bourse de SpaceX vendredi 12 juin, la «commercialisation de l’espace» va devenir économiquement viable, relèvent deux études. Plusieurs secteurs connexes s’avèrent attractifs pour les investisseurs.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Déjà demainL'urgence pour l'Europe : investir là où elle peut gagner
L'Europe est dangereusement absente des 18 secteurs de croissance identifiés par McKinsey, qui façonneront la croissance à l'horizon 2040. -
Tribune libreLa solidarité mondiale a besoin d’un nouveau modèle : la France peut continuer à ouvrir la voie
Face au repli des grandes puissances sur l’aide au développement, la France doit impulser un nouveau mouvement pour ranimer la solidarité mondiale, estiment dans cette tribune Philippe Douste-Blazy, Elisabeth Moreno et Yann Borgstedt -
Anthropic contraint de suspendre l’accès à son modèle d’IA Fable sur injonction de la Maison-Blanche
Le géant de l'IA a suspendu, vendredi 12 juin, l’accès à ses modèles Fable 5 et Mythos 5 après une injonction des autorités américaines. En Europe, cette décision relance le débat sur la dépendance du continent aux modèles d’IA venus des Etats-Unis