Le Portugal s’engage sur une trajectoire budgétaire à risques
Le gouvernement vise une réduction ambitieuse de son déficit, à 4,6 % du PIB en 2011, après avoir annoncé un dépassement de son objectif 2010
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Antoine Duroyon
A la veille d’un appel au marché très attendu - jusqu’à 1,25 milliard d’euros de bons du Trésor à trois et dix ans - le Premier ministre portugais Jose Socrates s’est efforcé mardi d’atténuer les craintes des investisseurs. Le spread entre les emprunts d’Etat à 10 ans portugais et allemands s’est détendu pour s’établir à 384 points de base en fin d’après-midi. Son argumentaire a tenu en deux points principaux: le Portugal n’a pas besoin d’être renfloué par l’Union européenne «pour la simple raison que ce n’est pas nécessaire» et le déficit budgétaire 2010 sera plus faible que la prévision arrêtée à 7,3% du PIB.
Le chef du gouvernement y voit le signe que les premières mesures d’austérité budgétaire dévoilées en cours d’année ont commencé à produire leurs effets. La croissance des revenus a dépassé les attentes (+5,3%, soit 0,8 point de plus qu’anticipé), tandis que celle des dépenses a été, à l’inverse, inférieure aux projections. Le déficit du budget 2010 aura donc fondu d’au moins deux points par rapport au niveau de 2009 (9,3% du PIB). Mais comme le rappelle la Banque du Portugal dans son bulletin économique, le transfert exceptionnel d’environ 2,7 milliards d’euros du fonds de retraite de Portugal Telecom au système de sécurité sociale a pesé lourd dans la balance. «Cette mesure, de nature temporaire, affecte seulement les revenus de l’exercice 2010, et ne modifie ni l’équilibre structurel ni l’évaluation de la durabilité des finances publiques», souligne l’institution. L’estimation du ratio d’endettement à fin 2010, telle que livrée en septembre, se situe à 83,3% du PIB.
Dans ce contexte, le défi n’en sera que plus relevé pour Lisbonne en 2011. Le gouvernement table sur une réduction très ambitieuse du déficit, à 4,6% cette année. Deutsche Bank, qui prévoit pour sa part un chiffre de 6,4%, considère que la réalisation de cet objectif serait déjà une prouesse, compte tenu du ralentissement très net de la croissance qui se profile (+0,2% attendu par le gouvernement, grâce à une hausse des exportations, après +1,3% en 2010). La Banque du Portugal, quant à elle, ne l’entend pas de cette oreille. Elle s’attend à une contraction de 1,3% de l’économie cette année, avant une remontée de 0,6% en 2012. Cette prévision se base notamment sur le fait que le recours au financement de l’Eurosystème restera significatif sur la période.
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