Le Portugal réalise des progrès mais verra la récession s’aggraver l’année prochaine
La mission de la Troïka salue des mesures « audacieuses et bienvenues » dans le budget 2012, alors que l'économie devrait se contracter de 3 %
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Antoine Duroyon
En visite à Lisbonne depuis le 7 novembre, les inspecteurs de la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) ont rendu hier leur verdict. «Dans l’ensemble, le programme part sur de bonnes bases», écrivent-ils, recommandant en conséquence le versement de la prochaine tranche d’aide de 8 milliards d’euros qui pourrait intervenir en décembre ou janvier. Ce soutien s’inscrit dans le cadre du plan de renflouement de 78 milliards d’euros.
La Troïka souligne que l’exécution du budget 2011 «s’est révélée difficile». Le dérapage des dépenses par rapport aux objectifs du programme pourrait coûter jusqu'à 1,5% de produit intérieur brut (PIB) selon la méthode de comptabilité de l’exercice. Même si la croissance devrait être cette année «un peu meilleure qu’anticipé dans le programme», les choses vont se gâter l’an prochain. La récession devrait atteindre 3% du PIB, là où le gouvernement table sur -2,8%, avec des risques baissiers pesant sur la conjoncture. Ce n’est qu'à partir de 2013 que l'économie portugaise devrait retrouver des couleurs, du moins à un rythme graduel.
Reconnaissant l’effort, la Troïka salue des «mesures audacieuses et bienvenues» inscrites dans le budget 2012, «cohérentes» avec l’objectif budgétaire d’un déficit représentant 4,5% du PIB l’an prochain (contre une projection de 5,9% cette année). Le gouvernement a ainsi promis des restrictions dans la fonction publique et négocie le transfert de certains fonds de retraite des banques vers le système de sécurité sociale. Quant au projet de cession des participations publiques dans les groupes d'énergie EDP et REN, il devrait être bouclé en janvier prochain, a assuré le ministre des Finances portugais, Vitor Gaspar.
Pour autant, les conclusions ne sont pas exemptes de critiques. «A l’avenir, les réformes structurelles seront décisives dans le succès du programme. Sans elles, le Portugal n’améliorera pas ses perspectives de croissance», a prévenu Jürgen Kröger, représentant de la Commission européenne. Son homologue au sein de la Banque centrale européenne, Rasmus Ruffer, a de son côté souligné la nécessité pour les banques portugaises de réduire leur levier afin de résoudre leurs déséquilibres de financement.
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