Le Portugal n’a pu que retarder l'échéance inéluctable
La voie était sans issue pour le Portugal qui continue à recourir au marché de la dette court terme pour couvrir ses besoins de financement à des niveaux de taux records. Tandis que Moody’s a de nouveau dégradé la notation d’un cran à Baa1 du souverain ainsi que celles de sept banques locales, Lisbonne a adjugé au prix fort près d’un milliard d’euros de bons du Trésor, respectivement 550 millions d’euros à 6 mois et 455 millions à 12 mois. Le pays a encore consenti au marché des rendements des plus prohibitifs pour placer sa dette.
La gravité de la situation a conduit le Premier ministre démissionnaire José Socrates à confirmer hier soir une demande de soutien financier déposée auprès de la Commission européenne. «Nous sommes arrivés à un moment où ne pas prendre cette décision impliquerait des risques que le pays ne peut pas se permettre», a-t-il déclaré, sans toutefois préciser ni la nature exacte ni le montant de cette aide, encore sujette à négociation. L’enveloppe pourrait avoisiner 80 milliards d’euros. La demande de Lisbonne, qui devra consentir à des efforts d’austérité en contrepartie de l’aide, sera examinée le plus vite possible, a assuré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Les banques locales ont appelé le pays à demander un prêt-relais de 15 milliards d’euros aux instances européennes, ne voulant plus souscrire aux bons du Trésor portugais pour ne pas augmenter leur exposition.
Sur les bons à échéance octobre 2011, le taux offert a atteint 5,117%, à comparer à 2,984% lors de la précédente adjudication à 6 mois du 2 mars 2011. Celui des bons arrivant à maturité en mars 2012, est ressorti à 5,902%, contre 4,331% à l’issue d’un placement similaire le 16 mars. «Son accès au marché des obligations étant fermé à cause de taux d’intérêt proches ou au-dessus des 9% tout le long de la partie 2-10 ans de la courbe des taux, le Portugal prend le chemin du marché des bons du Trésor», note ING.
Les résultats des adjudications ont nourril a détente des taux à 5 ans de 50 pb à 6,64%, de 26 pb pour ceux à 2 ans à 8,88% et de 20 pb pour ceux à 10 ans à 8,55%. Outre les taux élevés, la demande pose problème. Hier, la presse locale a précisé que le fonds de stabilité financière de la Sécurité sociale du pays a participé à l’adjudication. Une intervention qui pourrait expliquer le taux de couverture plutôt satisfaisant de 2,3 fois pour les bons à 6 mois et 2,6 fois pour ceux à 12 mois.
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