Le Portugal a encore accès, au prix fort, au marché de la dette
Les efforts des instances internationales et des pays asiatiques visant à apaiser la crise souveraine en zone euro, assortis aux achats de la BCE, ont permis au Portugal de réussir son premier test de l’année sur sa dette. Le pays périphérique a adjugé hier un total de 1,249 milliard d’euros d’obligations, atteignant ainsi la partie haute de sa fourchette indicative de 0,75-1,25 milliard.
La dette de maturité octobre 2014 et de coupon 3,60% a été adjugée pour 650 millions, contre une demande de 1,708 milliard. Le ratio de couverture (montant demandé sur montant alloué) est ressorti à 2,63 fois contre 2,83 fois en novembre et 3,46 fois en septembre. L’agence de gestion de la dette publique, l’IGCP, a offert un taux moyen de 5,39%, 135 pb de plus que celui servi en octobre, mais 6 pb de moins que les 5,45% du marché secondaire.
Le placement de la dette juin 2020 et de coupon 4,80% s’est mieux passé. L’emprunt a été alloué à hauteur de 599 millions pour une demande de 1,892 milliard. Le ratio de couverture s’établit à 3,16 fois, largement au-dessus des 2,11 fois de novembre. L’IGCP a offert un rendement de 6,71%, contre 6,81% en novembre et 6,77% sur le marché secondaire.
Alors que le spread des CDS portugais s’est détendu hier de 25 pb à 511 pb, pour UniCredit, «le message est prudemment positif vu l’environnement actuel», car le Portugal a toujours accès au marché mais à un coût élevé». Mais des tests plus importants sont à venir. Le Portugal devra faire face à 4,5 milliards de remboursements obligataires en avril et 4,9 milliards en juin. Mais avant cela, le pays sera confronté à 3,4 milliards de remboursement de bons du Trésor en janvier, 3,5 milliards en février et 3,8 milliards en mars. Le 19 janvier, l’agence émettra des bons du Trésor à 12 mois.
L’accès aux marchés est un souci parmi tant d’autres pour le Portugal, surveillé par les marchés sur la soutenabilité de sa dette et sa capacité à réduire son déficit. «La cible plus accessible de 7,3% du déficit en 2010 en pourcentage du PIB, annoncée mardi par le premier ministre José Socrates, est sûrement un bon point de départ», note ING. Mais pour la banque néerlandaise, le fait que la Banque du Portugal voie désormais le PIB 2011 baisser de 1,3% risque de poser problème à Lisbonne, qui a construit son budget et sa cible de déficit de 4,6% du PIB en 2011 sur le scénario d’une croissance de 0,2%.
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