Le plan européen n’a pas réduit les tensions sur les taux italiens
Les annonces du sommet européen de la semaine dernière n’ont eu un effet que très ponctuel sur la dette italienne. Les rendements se sont d’abord détendus de 17 points de base (pb) à 5,7%, mais ils sont vite repartis à la hausse. Ils ressortaient hier à 6,17%, un niveau proche des 6,28% atteints début août qui avait contraint la Banque centrale européenne de reprendre les achats de titres sur le marché. Le spread entre les taux longs italiens et allemands a, quant à lui, enregistré un nouveau record à 438 pb le 1er novembre.
Les tentatives européennes pour circonscrire la crise de la dette n’ont donc pas encore convaincu les marchés. Or, si les taux italiens restent aussi élevés, le coût pour l’Etat risque de devenir insoutenable en 2012. L’Italie devra alors refinancer 285 milliards d’euros de titres d’Etat qui arriveront à maturité, d’après les estimations de CA Cheuvreux. En supposant une hausse de 100 pb du coupon des billets de trésorerie et des dettes à taux variable et de 200 pb de celui des obligations à taux fixe de plus de trois ans, le montant des coupons augmenterait de 4,7 milliards d’euros suite au refinancement, contre 7,3 milliards actuellement. «Autrement dit, les intérêts à payer augmenteraient de 60 %», prévient Marco Baccaglio, l’auteur d’un rapport sur l’Italie chez CA Cheuvreux. Pour 2013, le surcoût lié à des taux longs toujours élevés s'élèverait à 2,9 milliards. Si la prime de risque reste à ce niveau, le coupon moyen sur la dette publique italienne passerait de moins de 4% à près de 5% en 2015-2016, anticipe Marco Baccaglio.
Ce renchérissement annulerait très vite les effets des mesures d’austérité prises récemment. L’augmentation de la TVA de 20 % à 21 % devrait par exemple rapporter 4,2 milliards en 2012, à comparer à un surcoût de 4,7 milliards lié à des rendements élevés.
Sur la base du PIB de 2010, l’augmentation du coût en 2012 et 2013 serait équivalente à une augmentation de 0,5 % du ratio déficit/PIB, d’après CA Cheuvreux. L’effet risque d'être d’autant plus marqué que l'économie italienne est menacée de récession. L’indice PMI pour l’industrie, publié hier par Markit, a chuté de 5 points à 43,3, le plus bas niveau depuis 28 mois.
Plus d'articles du même thème
-
LVMH cède Marc Jacobs à WHP Global et G-III Apparel
Le géant français du luxe poursuit la rationalisation de son portefeuille de marques. Si le montant n’est pas officiellement dévoilé, les acquéreurs - WHP, propriétaire de Vera Wang et G-Star, et G-III, détenteur de Lagerfeld et DKNY - lèvent 850 millions de dollars pour financer l’opération. -
Le Congo poursuit ses émissions d’eurobonds
Six mois après son retour sur le marché des eurobonds, le pays vient de lancer une opération de rachat d’obligations et une nouvelle émission obligataire de 575 millions de dollars alors qu’il entame des discussions avec le FMI. -
Le cinéma réécrit son scénario pour attirer les épargnants
Porté par de nouveaux fonds, le financement du cinéma cherche à sortir de la logique de défiscalisation pour devenir une véritable classe d’actifs. -
Les plateformes de streaming vidéo, désormais mécènes incontournables du cinéma tricolore
Cannes accueille le plus grand festival de cinéma au monde depuis le mardi 12 mai, ainsi qu'un imposant marché du film. Netflix, Amazon et consorts s’imposent maintenant de plus en plus dans les financements des films, y compris français, dans un marché en pleine concentration et bousculé par l'intelligence artificielle. -
La famille Seydoux devra payer le vrai prix pour son offre publique de retrait sur Gaumont
Contrainte par l’AMF de déposer cette OPR, la famille offre 90 euros par action. Un prix qui ne semble pas validé par l’expert indépendant. La note en réponse, pourtant attendue le 6 mai, n’a toujours pas été publiée. -
La mauvaise passe de l’industrie du 7ème art fragilise les banques du cinéma
Confrontées à la baisse des investissements des chaînes de télévision, celle-ci étant combinée aux difficultés économiques des distributeurs et des producteurs, les banques du cinéma se retrouvent dos au mur.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
442 mises en demeure et six signalements à la suite de contrôles effectués dans les écoles privées
S’il « n’y a pas eu de nouveau Bétharram », selon le ministre de l’Education, Édouard Geffray, on compte néanmoins 442 mises en demeure et six signalements au procureur -
EXCLUSIFAllègements de charges : le dilemme du gouvernement
Selon nos informations, le gel du barème empêcherait les réductions de charges de gonfler d'un peu plus de 2 milliards d'euros, le barème étant normalement indexé sur le Smic, qui va augmenter de 2,4 % au 1er juin. -
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers