Le plan européen n’a pas réduit les tensions sur les taux italiens

En 2012, si les rendements restent élevés, la charge d’intérêt sur les nouvelles émissions pourrait augmenter de 60 %
Violaine Le Gall

Les annonces du sommet européen de la semaine dernière n’ont eu un effet que très ponctuel sur la dette italienne. Les rendements se sont d’abord détendus de 17 points de base (pb) à 5,7%, mais ils sont vite repartis à la hausse. Ils ressortaient hier à 6,17%, un niveau proche des 6,28% atteints début août qui avait contraint la Banque centrale européenne de reprendre les achats de titres sur le marché. Le spread entre les taux longs italiens et allemands a, quant à lui, enregistré un nouveau record à 438 pb le 1er novembre.

Les tentatives européennes pour circonscrire la crise de la dette n’ont donc pas encore convaincu les marchés. Or, si les taux italiens restent aussi élevés, le coût pour l’Etat risque de devenir insoutenable en 2012. L’Italie devra alors refinancer 285 milliards d’euros de titres d’Etat qui arriveront à maturité, d’après les estimations de CA Cheuvreux. En supposant une hausse de 100 pb du coupon des billets de trésorerie et des dettes à taux variable et de 200 pb de celui des obligations à taux fixe de plus de trois ans, le montant des coupons augmenterait de 4,7 milliards d’euros suite au refinancement, contre 7,3 milliards actuellement. «Autrement dit, les intérêts à payer augmenteraient de 60 %», prévient Marco Baccaglio, l’auteur d’un rapport sur l’Italie chez CA Cheuvreux. Pour 2013, le surcoût lié à des taux longs toujours élevés s'élèverait à 2,9 milliards. Si la prime de risque reste à ce niveau, le coupon moyen sur la dette publique italienne passerait de moins de 4% à près de 5% en 2015-2016, anticipe Marco Baccaglio.

Ce renchérissement annulerait très vite les effets des mesures d’austérité prises récemment. L’augmentation de la TVA de 20 % à 21 % devrait par exemple rapporter 4,2 milliards en 2012, à comparer à un surcoût de 4,7 milliards lié à des rendements élevés.

Sur la base du PIB de 2010, l’augmentation du coût en 2012 et 2013 serait équivalente à une augmentation de 0,5 % du ratio déficit/PIB, d’après CA Cheuvreux. L’effet risque d'être d’autant plus marqué que l'économie italienne est menacée de récession. L’indice PMI pour l’industrie, publié hier par Markit, a chuté de 5 points à 43,3, le plus bas niveau depuis 28 mois.

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