Le plan de relance de l’investissement allemand reste insuffisant
Si l’Allemagne renforce son mini-plan de relance de l’investissement, elle est encore loin d’utiliser pleinement sa puissance de feu. Le gouvernement allemand a annoncé hier le déblocage de 5 milliards d’euros de dépenses d’investissements supplémentaires étalés sur trois ans. Un montant qui s’ajoute aux 10 milliards préalablement débloqués (0,3% du PIB), dont 7 milliards seront consacrés aux secteurs du transport, du numérique, à l’efficacité énergétique, à la lutte contre le changement climatique et au développement urbain. Un programme qui parait bien maigre au regard des excédents dégagés par le pays.
L’excédent budgétaire et courant du pays a atteint l’an dernier un montant record de respectivement 18 milliards d’euros (0,8% du PIB), et 215 milliards, soit 7,5% du PIB. Un niveau qui dépasse largement le seuil maximum de 6% toléré par Bruxelles, alors que l’Allemagne dégage désormais un excédent extérieur face à toutes les régions du monde. BNP Paribas estime que la baisse du prix du pétrole et de l’euro devrait même donner un coup de pouce supplémentaire à ses exportations, qui représentaient déjà un tiers de la croissance en 2014, et qu’une baisse des rendements réels de 100 pb accroît l’excédent courant de 0,4 point.
En outre, malgré un rythme annuel de hausse de leurs revenus disponibles de 1,5%, le taux d’épargne des ménages allemands a atteint un niveau de 9,2%. Dans ce contexte, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a mis une nouvelle fois le doigt la semaine dernière sur les déséquilibres croissants au sein de l’économie allemande. «Sans sous-estimer le succès des exportations allemandes, nous ne pouvons fermer les yeux sur les risques du manque d’investissement public et privé» dans le pays. Une situation qui «requiert des mesures politiques».
Benoit Coeuré, un des membres de la BCE, avait d’ailleurs estimé en septembre dernier qu’une baisse des impôts et un soutien à l’investissement ne compromettraient pas les finances publiques allemandes. «Avec un secteur public contribuant désormais également à l’excès d’épargne dans l’économie, un programme d’investissement massif du gouvernement serait un soulagement et permettrait d’effacer le léger déficit de capacité dans l’économie. Ce qui exercerait une pression à la hausse sur les salaires et pourrait tirer les anticipations d’inflation à la hausse», ajoute BNP Paribas.
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