Le plan d’aide à la Grèce alourdira d’un point la dette française
Les émissions de l’EFSF intègrent la dette publique au prorata des garanties de chaque pays. Paris évalue la facture à 15 milliards d’ici à 2014
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Alexandre Garabedian
Eurostat avait fixé la règle du jeu fin janvier. A chaque fois que la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) est utilisée et place des titres sur le marché, les pays qui garantissent la notation AAA de l’institution doivent enregistrer dans leur dette nationale la quote-part des montants émis, avait alors décrété le bureau statistique de l’Union européenne (L’Agefi Quotidien du 27 janvier).
C’est en vertu de cette règle que le Premier ministre François Fillon a évalué vendredi à 15 milliards d’euros l’impact pour la dette de la France du deuxième plan d’aide à la Grèce conclu le 21 juillet. Paris garantit en effet les émissions de l’EFSF à hauteur de 21,3% environ. La Facilité européenne interviendra sous des formes diverses: financement direct de la Grèce, mise à disposition d’une ligne de crédit pour que le pays procède à un rachat de dette décotée sur le marché, rehaussement de la qualité de crédit des titres que les créanciers privés souscriront.
Une hausse de 15 milliards d’euros de la dette publique brute de la France, au sens de Maastricht, correspondrait à un volume d’émission de 73 milliards d’euros de la part de l’EFSF d’ici à 2014. Soit les deux tiers des 109 milliards de financement public promis à la Grèce, une clé de répartition équivalente à celle que les pays de la zone euro et le FMI ont appliquée lors des précédents sauvetages.
A la fin du premier trimestre, la dette française au sens de Maastricht atteignait 1.646 milliards d’euros, soit 84,5% du PIB. Le gouvernement prévoit que la dette publique continuera de progresser cette année et l’an prochain (85,4% fin 2011 et 86,9% fin 2012) et commencera à baisser en 2013 pour atteindre 86,4% fin 2013 et 84,8% fin 2014.Le plan grec aurait donc pour effet d’accroître la dette française de près d’un point sur la période. Il faut y ajouter les quotes-parts des aides apportées par l’EFSF au Portugal (26 milliards) et à l’Irlande (17,5 milliards). Et bien sûr, toute utilisation éventuelle du Fonds pour ses futures attributions (soutien préventif à un Etat, achats sur le marché secondaire). Le deuxième plan de soutien à la Grèce nécessitera une nouvelle loi de finances rectificative qui sera présentée à la rentrée au Parlement.
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