Le PIB américain augmentera cet été à la faveur d’un changement statistique
Le niveau global du PIB américain devrait augmenter de près de 3% en juillet prochain. Les Etats-Unis vont en effet modifier sensiblement la façon dont ils calculent la production nationale pour se conformer aux standards internationaux.
La méthodologie de calcul du PIB considérera désormais les dépenses de recherche et développement non pas comme des coûts de production mais comme des investissements. Cette nouvelle approche devrait augmenter le PIB de 2%, soit de quelque 300 milliards de dollars (sur la base du PIB de 2007), selon les estimations du Bureau d’analyse économique (BEA) américain. Un tiers de cette somme devrait être due à la recherche publique.
A l’avenir, le BEA comptabilisera aussi la production et l’achat des biens culturels ou de divertissement (longs métrages, programmes de télévision, livres ou musique) comme des investissements. Ceci devrait augmenter le PIB de 145 milliards de dollars (sur la base du PIB de 2007). «Nous allons revenir en arrière pour mettre en œuvre ces changements – soit jusqu’en 1929 pour nous – nous sommes donc en train de réécrire l’histoire économique», a déclaré Brent Moulton, responsable du BEA au Financial Times.
La réforme statistique ne devrait pas changer radicalement la perception de l’économie américaine. «C’est l’évolution de l’activité et non pas le niveau général de l’activité qui détermine le comportement du taux de chômage et de l’inflation», écrit Joseph LaVorgna, économiste chez Deutsche Bank. «Cela change le produit intérieur brut mais pas le produit intérieur net qui est l’outil le plus pertinent pour mesurer la richesse produite», assure de son côté, Jacques Magniez, adjoint au chef du département des comptes nationaux à l’Insee. «Sur les taux de croissance, cela un impact infinitésimal et même sur les ratios un peu politisés comme le ratio de dette sur PIB cela ne devrait pas se voir beaucoup», ajoute-t-il.
La réforme du calcul du PIB trouve sa source dans les standards internationaux de comptabilisation du PIB, dont la dernière mouture date de 2008. Edictés sous l’égide des Nations unies, et appliqués au bon vouloir des Etats, ils ont été plusieurs fois mis à jour pour faciliter la comparaison des comptes nationaux. L’Europe comptabilise depuis une vingtaine d’années les biens culturels comme des investissements. En revanche, les dépenses de recherche et développement ne seront considérées comme telles qu’en 2014.
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