Le pétrole contraint Easyjet à lancer un avertissement sur ses profits annuels
La compagnie aérienne a toutefois tenté d’apaiser les investisseurs en assurant que ses bénéfices semestriels seraient conformes aux prévisions
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Alexandre Boksenbaum
L’or noir assombrit les perspectives d’Easyjet. Dans un communiqué, le numéro deux du transport aérien à prix réduits en Europe a annoncé que la tendance actuelle des cours du pétrole, si elle perdurait, pourrait entamer ses prévisions de résultats annuels pour 2008. Easyjet a cependant précisé qu’il devrait afficher des bénéfices conformes à ses attentes au premier semestre. Le groupe espère en effet limiter les effets du pétrole grâce à l’amélioration de ses revenus et à des réductions de coûts.
Toutefois, « comme toutes les autres compagnies aériennes », le niveau actuel du prix des matières premières pourrait fortement affecter les résultats du groupe de Luton pour 2008. Aussi Easyjet estime-t-il que le maintien des cours actuels de l’or noir lui coûterait 45 millions de livres (57,6 millions d’euros) supplémentaires en dépenses de pétrole. Cet avertissement fait suite à celui du mois dernier lancé par le principal concurrent d’Easyjet, Ryanair. Ce dernier a dû annoncer que la hausse des prix du pétrole allait réduire de moitié son résultat net pour l’exercice fiscal de mars 2009 par rapport à cette année.
Andy Harrison, qui dirige Easyjet, est « pratiquement certain » qu’avec un tel scenario les profits du second semestre seront « moins bons que prévu ». Le groupe avait indiqué le mois dernier qu’il attendait une croissance de 20 % de ses résultats avant impôt sur l’année.
La compagnie anglaise a précisé que sa couverture à 750 dollars par tonne de pétrole ne porte que sur 40 % de ses besoins énergétiques, alors qu’actuellement les prix sont de l’ordre de 1.000 dollars la tonne, et que ses prévisions établies en février portaient sur un cours de 840 dollars la tonne de pétrole.
Andy Harrison a par ailleurs déclaré qu’il pensait limiter ce contrecoup grâce à leur « nouvelle flotte d’avions beaucoup plus sobres en kérosène », et à son « modèle économique ». Mieux encore, le dirigeant affirme que cela va permettre à la compagnie de ressortir « gagnante » d’un environnement avec des cours du pétrole élevés. Un analyste de Goodbody Stockbrokers, Joe Gill, tempérait toutefois cet enthousiasme, estimant qu'à moins d’une amélioration du ratio « revenu par passager pour compenser la hausse du pétrole, les marges vont s'écraser ».
L’attitude des investisseurs hier tranchait avec la confiance de façade d’Easyjet. Le cours du titre chutait en effet de près de 17 %, à 312,5 livres, en matinée à la Bourse de Londres.
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