Le Parlement chypriote valide le plan de sauvetage européen
Un vote négatif du Parlement aurait replongé Chypre dans une nouvelle crise, avaient alerté le gouvernement de centre droit et les économistes. Il n’en sera finalement rien. Les députés chypriotes ont adopté mardi à une courte majorité de 29 voix contre 27 le plan de sauvetage prévoyant un prêt de 10 milliards d’euros accordé le 25 mars par ses bailleurs de fonds internationaux, le FMI et l’Union européenne en l’échange de concessions drastiques.
«Ce prêt vise à couvrir les besoins du gouvernement pour la période 2013-2016 (soit 7 milliards d’euros), et des recapitalisations bancaires dans le secteur coopératif (2,5 milliards d’euros)», souligne Alan Lemangnen économiste chez Natixis.
Le programme prévoit également que le pays contribue à hauteur de 13 milliards au redressement. Chypre a notamment dû concéder en retour la mise en place d’une taxe sur les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros, des coupes dans les salaires et les retraites, ainsi que des cessions d’actifs. Le gouvernement s’est aussi engagé à fermer la banque Laïki, et à restructurer Bank of Cyprus.
Le vote favorable du plan de renflouement n’était pas acquis d’avance, aucun parti ne possédant la majorité à la Chambre des représentants où siègent 56 députés. Deux abstentions dans le camp du président Nicos Anastasiades auraient suffi à rejeter le texte. Akel, le parti communiste, principale formation d’opposition avait d’ailleurs prévenu qu’il se prononcerait pour le non, estimant que le plan conduirait à un abandon de souveraineté significatif, et à une dégradation supplémentaire des conditions sociales des chypriotes.
L’adoption de ce plan devrait permettre au pays de «respirer» et de faire face à ses difficultés, avait assuré le président Nicos Anastasiades avant le vote. «Un non amorcerait très certainement un nouvel épisode de crise, dans la lignée de ce qu’a déjà connu l’île après le refus du parlement d’avaliser la première mouture du programme d’assistance comprenant une taxation généralisée des dépôts bancaires», craignait de son côté Natixis.
Un tel scénario aurait en effet placé le pays dans une situation périlleuse, puisque le gouvernement aurait alors disposé de moins d’un mois pour trouver 3 milliards d’euros afin de couvrir les tombées de juin et juillet. La première tranche d’aide internationale devrait finalement être débloquée en juin.
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