Le pari sur la croissance américaine propulse les taux mondiaux
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Philippe Mudry
L’agenda économique du président-élu Donald Trump a beau rester une inconnue, les marchés n’en ont cure.
Rompant avec sa tentation catastrophiste, le courant dominant table au contraire sur une forte accélération de la croissance et de l’inflation, avec pour conséquence une remontée des taux d’intérêt et du dollar.
Il n’est pas exagéré de dire que les investisseurs ont envie de se repasser le film du premier mandat Reagan, entre 1981 à 1985.
C’est qu’à l’époque, les Etats-Unis avaient aussi connu une puissante relance budgétaire alors que l’économie n’était pas en récession.
A l’époque aussi, les allégements fiscaux et la dépense publique étaient à l’ordre du jour.
Et le résultat avait été une accélération de la croissance, une remontée des taux de la Réserve fédérale et une hausse du dollar.
Hausse tellement remarquable d’ailleurs que le billet vert avait atteint un sommet historique et qu’il avait fallu un accord international, signé en septembre 1985 à l’hôtel Plaza de New York, pour le faire descendre.
L’Histoire repassera-t-elle le plat ? C’est ce que pensent nombre d’opérateurs.
Le dollar est en hausse, de quelque 3% depuis l’élection, et les taux aussi à travers le monde développé.
C’est vrai aux Etats-Unis, où le taux à 30 a repassé au-dessus de 3%, et en Europe, tous pays confondus, mais surtout dans les pays fragiles du sud du continent qui s’en passeraient volontiers.
En attendant de voir si ce pari sera gagnant, la grande question à court terme est de savoir comment réagira la FED.
Car la hausse du dollar et des taux constitue en soi un resserrement monétaire. Ce qui pourrait changer la perspective d’une hausse des taux en décembre, toujours jugé probable par le marché.
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