Le pari des marchés sur la « croissance Trump » reste bien aventureux
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Philippe Mudry
Les marchés financiers, surtout les Bourses, continuent de parier sur un scénario de croissance favorable aux Etats-Unis suite à l’élection de Donald Trump. Il reste encore bien aventureux.
Car si les indices flambent, la tension sur les taux est aussi bien réelle et pas de bon augure pour la croissance. Les taux américains à 10 ans ont pris près d’un point entier cet automne, en hausse de quelque 60%.
Le nouvel environnement de l’énergie qui se dessine n’y est pas pour rien. Résultat de l’accord à l’OPEP étendu depuis à d’autres producteurs, il a catapulté les cours.
En un mois, le Brent a gagné 10 dollars, soit 22%.
Certes, les Etats-Unis, eux-mêmes producteurs, sont mieux immunisés contre une remontée du brut que d’autres pays.
Reste que cette flambée trouvera sa contrepartie dans une bouffée d’inflation, avec des conséquences déjà anticipées pour 2017 en matière de taux d’intérêt.
La FED nous en dira plus demain sur ce sujet.
Mais une poussée du brut, de l’inflation et des taux ne serait pas idéale pour la croissance.
D’autant moins que les investisseurs semblent sous-estimer les effets prévisibles sur l’activité de la rhétorique trumpienne sur le commerce international ou même les relations bilatérales avec de grands partenaires comme la Chine.
Ses échanges avec le reste du monde, notamment l’Asie, restent essentiels pour l’économie américaine.
Celle-ci ne peut compter sur la seule relance budgétaire promise, surtout si le Congrès républicain conserve son tropisme économe.
Résultat, au scénario rose pourrait s’en substituer un noir en cas de déception : celui d’une stagflation à la façon des années 70.
Dans ce cas, la déception serait douloureuse pour les investisseurs trop pressés.
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