Le Panel Taux reste dubitatif sur la rhétorique utilisée par la BCE
L’évocation d’un possible assouplissement quantitatif (QE) lors de la réunion de la BCE qui s’est tenue la semaine dernière n’a pas fait bouger le Panel Taux qui ne croit toujours pas, dans sa grande majorité, à une baisse du taux de refinancement dans les six prochains mois. Seuls le Crédit Agricole et BNP Paribas tablent sur une baisse de 10 pb à horizon trois et six mois, alors que Barclays s’est ravisé pour rejoindre à présent le camp des économistes pariant sur un statu quo.
Pourtant, ils réajustent depuis deux mois à la baisse leurs prévisions de hausse du Bund allemand à 10 ans, anticipé à 2,01% dans six mois, contre une prévision de 2,12% en février. Vendredi, les rendements des obligations des pays de la zone euro étaient tous en fort recul. Le taux à 10 ans français chutait de 8 pb à 2,02%, le taux allemand de 5 pb à 1,55%, le taux espagnol de 8 pb à 3,14%, le taux italien de 9 pb à 3,16% et le taux portugais de 13 pb à 3,82%. Symboliquement, le taux espagnol à 5 ans est même passé sous celui de son homologue britannique de même maturité. «L’absence de rally sur le court allemand et les tensions sur l’Eonia impliquent que le marché, en cas d’action de la BCE, favorise davantage l’idée d’un QE que celle d’une baisse des taux, alors même que Mario Draghi a indiqué que l’institution n’en avait pas terminé avec les mesures conventionnelles», explique Natixis.
Après le soutien apporté par Mario Draghi au développement du marché des ABS, son vice-président, Victor Constancio, a jeté le trouble vendredi dans un entretien accordé à CNBC dans lequel il précise qu’aucune discussion n’a eu lieu entre gouverneurs sur de possibles rachats de titres publics ou privés sur le marché. Dans le même temps, le journal allemand FAZ indiquait que la BCE aurait lancé des simulations sur les effets d’un QE sur le niveau d’inflation. Il en ressortirait que 1.000 milliards d’euros de rachats d’actifs rajouteraient entre 0,2 et 0,8 point au taux d’inflation.
Autre canal pour «ré-inflater» la zone euro: le taux de change. Mario Draghi a affirmé qu’il constitue un «facteur de plus en plus important» dans la détermination de la politique monétaire. «Un discours qui souligne que le taux de change est, selon nous, le canal le plus important de transmission d’un assouplissement de la politique monétaire à l’économie de la zone euro. Le canal du crédit étant, a contrario, bien plus complexe avant les résultats de l’AQR», estime Morgan Stanley.
Pourtant, le Panel Change ne semble pas accorder de crédit à cette volonté affichée depuis quelques temps par la BCE. Il a même légèrement modifié à la hausse ses prévisions sur l’évolution de la parité entre l’euro et le dollar, à 1,35 d’ici trois mois et 1,32 d’ici six mois. «La baisse du taux de dépôt en territoire négatif dépend toujours de la résistance de l’euro», estime CA CIB.
{"title":"","image":"80892»,"legend":"Panel Mensuel Taux»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les risques de marchés restent élevés sans pour autant inquiéter davantage l’AMF
Dans sa cartographie des risques, le régulateur passe le cyber en risque très élevé, et anticipe une progression en 2027. Il constate la résilience des marchés malgré un contexte géopolitique très tendu et la dégradation des perspectives économiques. -
CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
Via sa filiale Colis Privé, l’armateur veut acquérir les activités en France, en Espagne et au Portugal de Paack. -
Les lauréats du Students Challenge organisé par Natixis IM défient la crise ESG
Le concours annuel organisé par Natixis IM a réuni lors de la finale trois équipes au cours de laquelle chacune a défendu sa stratégie d’investissement multi-actifs intégrant des contraintes ESG. -
Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
Plusieurs bureaux tempèrent leurs attentes sur le redressement de la marque principale du groupe de luxe. -
La BCE inflige une sanction de plus de 3,2 millions d’euros à la BIL
La banque passée sous pavillon chinois en 2017 est sanctionnée pour avoir surévalué ses fonds propres pendant trois trimestres consécutifs. Elle se réserve la possibilité de faire appel de la décision. -
Compagnie Chargeurs Invest crée un pôle de gestion alternative en rachetant Harwanne
La famille Fribourg internalise Harwanne au sein de Chargeurs pour créer un pôle de gestion alternative stratégique destiné à diversifier et stabiliser ses revenus dans un secteur en pleine mutation.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFinances publiques : le poison de l’effet cliquet
Alors que la dette devrait atteindre 118 % du PIB à la fin de l'année, le gouvernement prépare le budget 2027 sous la pression. Chaque coup de frein déclenche une levée de boucliers sociale et politique, expliquent Philippe Juvin et Jean-René Cazeneuve -
Cui qui dit qui y'estCanicule : en Allemagne, l'Etat et les collectivités territoriales se renvoient la balle
Outre-Rhin, l'adaptation au changement climatique n'est pas du ressort de l'échelon fédéral. Les communes se plaignent toutefois de ne pas avoir les moyens -
HésitationsEntre Jordan Bardella et Marine Le Pen, les macronistes font le yoyo
Présence au GP de F1 de Monaco, réaction à la mort de Nathalie Baye... Depuis qu'il enchaîne les bévues, Jordan Bardella fait beaucoup moins peur aux macronistes, qui se mettent désormais à craindre Marine Le Pen