Le « Panel Taux » parie toujours sur deux hausses de taux de la BCE
La BCE, qui se réunit ce jeudi, devrait relever par deux fois ses taux ces six prochains mois. C’est ce qui ressort du Panel taux réalisé auprès de 16 membres le 25 mai, soit après la publication d’une baisse de 2 points en mai du PMI composite d’activité, l’indicateur avancé de la croissance du PIB en zone euro. Comme en mai, la prévision médiane du niveau du refi s’établit à 1,50% à 3 mois et 1,75% à 6 mois.
Tandis que la baisse de l’inflation en zone euro publiée en première estimation à 2,7% en mai, contre 2,8% en avril, constitue un argument de plus en faveur d’une pause en juin, la BCE ne délaisse en rien le thème de l’inflation. «Ni l’existence de certains risques souverains ni la dépendance anormale de certaines banques aux fonds de la BCE ne doivent détourner la BCE de l’objectif (de stabilité des prix)», a déclaré mercredi le gouverneur de la Banque d’Italie, Mario Draghi. Le 25 mai, Jürgen Stark a précisé que la BCE «est prête à relever à nouveau les taux d’intérêt si nécessaire». La BCE a laissé entendre lors du précédent conseil qu’elle interviendrait en juillet. En tout cas, l’idée d’un geste de 25 pb à 1,50% à horizon 3 mois est défendue par 93,8% des interrogés, contre 75% en mai. Cholet Dupont, UBS et UniCredit se sont ralliés à cette hypothèse. Seul BNP Paribas croit à une pause. Ils sont 81% à entrevoir une autre hausse de 25 pb au cours des 3 mois suivants, à comparer à 69% en mai. Barclays Capital, BNP Paribas et Cholet Dupont font le pari d’un statu-quo à 1,50%.
La Banque d’Angleterre ne devrait pas tarder à suivre la BCE. La prévision médiane à 3 mois est passée de 0,50% à 0,75%. Huit membres croient à un geste de 25 à 50 pb d’ici à 3 mois, contre sept en mai. Le reste du panel maintient l’idée d’une pause d’ici à la fin août. Une minorité (38%) croit à un deuxième relèvement de 25 à pb à 0,75%. Seul Aurel BGC défend l’idée de taux à 1,50% d’ici à 6 mois.
Alors qu’elle mettra un terme à son assouplissement monétaire ce mois-ci, la Fed, vu la chute record de l’indice ISM manufacturier aux Etats-Unis et les mauvais chiffres de l’emploi en mai, devra encore patienter avant de durcir le ton. Pour l’heure, seul UBS parie sur des fed funds à 0,50% d’ici à fin novembre. Les mauvaises statistiques se sont d’ailleurs traduites par un rally obligataire. Lors de la réalisation de l’enquête, les taux à 10 ans américains s'établissaient à 3,13%, contre une prévision moyenne à 3 mois à 3,56%. Vendredi, ils ont touché 2,99%, soit une détente de 14 pb. Sur le Vieux Continent, la prévision des taux en zone euro à 3 mois est ressortie à 3,45%, à comparer à 3,23% au moment de l’enquête et 3,18% vendredi. Le panel devra probablement revoir sa copie en juillet si la chute des taux se poursuivait.
Côté change, alors qu’il a touché vendredi les 1,4566, contre 1,409 le 25 mai, l’euro/dollar est attendu en moyenne à 1,43 à 3 mois et à 1,41 à 6 mois. Mais la détente des taux pourrait changer la donne.
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