Le Panel Taux n’attend pas de baisse du refi de la BCE
A une courte majorité, les membres du Panel Taux ne croient pas que la Banque centrale européenne (BCE) touchera à son taux de refinancement lors de la réunion de ce jeudi.
Les analystes d’Aurel BGC et de BNP Paribas, qui pariaient sur un taux directeur à 0,50% d’ici à trois mois, ont même revu leurs prévisions à la hausse à 0,75%. A l’inverse, les analystes d’Amundi et de Lazard Frères Gestion ont abaissé leurs anticipations de 25 points de base à 0,50% à trois mois.
La question d’une baisse de taux n’a même pas été évoquée lors de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs début octobre. La BCE avait alors souligné que l’estimation rapide de l’inflation par Eurostat avait surpris à la hausse à 2,7% en septembre (contre 2,6% en août). Ce chiffre a été finalement revu à 2,6% et Eurostat a annoncé la semaine dernière, qu’à première vue, l’inflation avait été de 2,5% en octobre.
Depuis le mois dernier, les perspectives de croissance se sont assombries. Les indices PMI, publiés par Markit et généralement vus comme des bons indicateurs avancés de la croissance, font état d’une contraction de l’activité encore plus importante en octobre qu’en septembre (avec un indice PMI Flash Composite de l’activité globale à 45,8 contre 46,1).
Autre mauvaise nouvelle, l’enquête trimestrielle sur les conditions de crédit dans la zone euro (Bank Lending Survey) publiée mercredi dernier, témoigne d’un durcissement des conditions d’octroi de prêts aux entreprises et d’une nouvelle baisse de la demande.
Cependant, les conditions de financement des banques se sont améliorées et l’impact de la crise souveraine sur les conditions de crédit se fait moins ressentir qu’avant. Ces améliorations peuvent être attribuées à la présentation du programme d’achat de dette souveraine de la BCE (OMT) en septembre.
Depuis cette date (à laquelle les critères de collatéral éligible à la BCE ont par ailleurs été assouplis), les analystes ne s’attendent pas à ce que la BCE utilise de nouveaux outils non conventionnels. Mario Draghi a clairement signifié le mois dernier que la balle était dans le camp des gouvernements.
En dépit des menaces qui pèsent toujours sur la zone euro, les membres du panel voient dès lors l’euro/dollar se stabiliser à 1,30 à trois mois (contre 1,24 en octobre). Ce mouvement s’explique par le lancement d’une troisième vague d’assouplissement quantitatif par la Fed.
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